[Pl. 3.] Jusqu'à ce qu'il suivit une ornière faiblement ombragée, qui, comme une chaîne, allait parmi les vallées aboutir au château d'Astolat. Là, il vit à l'ouest une lumière qui en annonçait au loin les tours sur une hauteur.
[Pl. 4.] Il parla et se tut. La jeune Élaine au teint de lis, gagnée par la voix mélodieuse qu'elle entendait avant d'avoir regardé, leva les yeux et lut sur les traits de Lancelot.
[Pl. 5.] Il regarda, et plus étonné que si sept hommes se fussent attaqués à lui, il vit la jeune fille debout dans la clarté du matin.
[Pl. 6.] Élaine se leva alors, prit sa course à travers les champs... Ainsi, jour par jour, elle passait et repassait comme un fantôme dans l'un et l'autre crépuscule.
[Pl. 7.] Les deux frères enlevèrent de la litière le corps de leur sœur, et le placèrent sur le noir tillac; elle tenait un lis à la main, et au-dessus d'elle était suspendu le fourreau brodé d'armoiries.
[Pl. 8.] Il lut ainsi, et toujours pendant cette lecture seigneurs et dames pleuraient promenant leurs regards de la figure du roi à celle qui reposait silencieuse.
[Pl. 9.] Lancelot ne répondit rien; mais il sortit, et à l'endroit où un petit ruisseau se perdait dans la rivière, il s'assit dans une anse et regarda l'eau qui serpentait.