Il est difficile de savoir quel est le nombre des descendants de réfugiés qui ont fait partie de l'armée d'invasion en 1870, car, après Iéna, un grand nombre d'entre ces descendants avaient germanisé leurs noms de manière à les rendre méconnaissables.

Bien avant cette époque, dit Weiss, beaucoup de réfugiés; ayant perdu tout espoir de retour dans leur patrie, avaient traduit leurs noms français en allemand. Lacroix était devenu Kreutz, Laforge Schmidt, Dupré Wiese, Sauvage Wied, etc.

Ce fait de la germanisation des noms rend donc bien incomplète l'indication que peut donner le relevé des noms français pour déterminer le nombre des descendants des réfugiés dans l'armée d'invasion. Quoi qu'il en soit, sur l'état de l'armée prussienne au 1er août 1870, figurent, rien que pour l'état-major, les généraux et les colonels, quatre-vingt-dix noms dont l'origine française ne saurait faire aucun doute.

Voici ces noms:

Généraux (de toutes armes): De Colomier, de Berger, de Pape, de
Gros, de Bories, de Montbary, de Malaise, Mulzer, de la Roche, de
Jarrys, de Gayl, de Memerty, de Busse, du Trossel, de Colomb,
Girod de Gaudy; de Ruville.

Colonels et lieutenants-colonels d'état-major: De Loucadou, Verdy du Vernois, de Verri, Faber du Faur.

Chefs d'escadron d'état-major: Seyssel d'Aix, d'Aweyde, de
Parseval, Manche.

Capitaines d'état-major: Cardinal, de Chappuis, Mantey, de
Noville, Menges, D'Aussin, Baron de la Roche.

Lieutenants d'état-major: De Collas, de Palezieux, Menin Marc; de
Bosse, de Rabenau, baron Godin, Surmont, de Nase, comte de
Villers, de Baligand, Chelpin, de Roman, Jarry de la Roche, de
Lières.

Officier de marine: Le Tanneux de Saint-Paul.