CHAPITRE XL

Bataille de Fuentès d'Oñoro.—Fatale méprise.—Beau mouvement de
Masséna.—Insuccès dû à l'abstention de Bessières.

CHAPITRE XLI

Dévouement de trois soldats.—Destruction d'Alméida et évasion de la garnison.—L'armée se cantonne à Ciudad-Rodrigo.—Marmont remplace Masséna.—Fautes de ce dernier.

CHAPITRE XLII

Causes principales de nos revers dans la Péninsule.—Désunion des maréchaux.—Faiblesse de Joseph.—Désertion des alliés.—Justesse du tir des Anglais.—Jugement sur la valeur respective des Espagnols et des Portugais.—Retour en France.

CHAPITRE PREMIER

État du Portugal.—Marche de Junot sur Lisbonne.—La famille royale d'Espagne.—Toute-puissance de Godoy.—Intrigues de Napoléon.

Pour l'intelligence de ce que je vais raconter, il est indispensable de jeter un coup d'œil rapide sur la position dans laquelle se trouvaient le Portugal et l'Espagne à l'époque du traité de Tilsitt.

La couronne de Portugal était, en 1807, sur la tête de dona Maria, veuve de Pierre III; mais comme cette princesse était en démence, son fils, qui régna depuis et porta le nom de Jean VI, gouvernait pour elle avec le titre de régent. Le Portugal, pays généralement rocailleux, ayant fort peu de grandes routes, est séparé de l'Espagne par des montagnes stériles, habitées par des pâtres à demi sauvages. Ce n'est qu'au revers méridional, sur les rivages de la mer, dans les vallées du Tage, du Mondego, du Douro et du Minho, que l'on trouve un terrain fertile et des populations civilisées. Toutefois, cette région, riche en produits du sol, n'ayant pas une seule fabrique, était devenue un vaste champ ouvert au commerce et à l'industrie des Anglais. Ils en faisaient une sorte de colonie et en exploitaient les richesses, sans avoir les charges du gouvernement: de fait, sinon de droit, ce pays leur appartenait.