Un de nos départements était au pouvoir de l'ennemi; la consternation était dans tout le midi de la France.
La plus grande partie du territoire du peuple ligurien, le plus fidèle ami de la république, était envahie.
La république cisalpine, anéantie dès la campagne passée, était devenue le jouet du grotesque régime féodal.
Soldats! vous marchez..... et déja le territoire français est délivré! La joie et l'espérance succèdent, dans notre patrie, à la consternation et à la crainte.
Vous rendrez la liberté et l'indépendance au peuple de Gênes; il sera pour toujours délivré de ses éternels ennemis.
Vous êtes dans la capitale de la Cisalpine!
L'ennemi, épouvanté, n'aspire plus qu'à regagner les frontières. Vous lui avez enlevé ses hôpitaux, ses magasins, ses parcs de réserve.
Le premier acte de la campagne est terminé.
Des millions d'hommes, vous l'entendez tous les jours, vous adressent des actes de reconnaissance.
Mais aura-t-on donc impunément violé le sol français? Laisserez-vous retourner dans ses foyers l'armée qui a porté l'alarme dans vos familles? Vous courez aux armes!.... Eh bien! marchez à sa rencontre, opposez-vous à sa retraite; arrachez-lui les lauriers dont elle s'est parée, et par là apprenez au monde que la malédiction est sur les insensés qui osent insulter le territoire du grand peuple.