[62] Dans un temps de factions politiques, cela cesserait d'être exact; car alors chaque secte voudrait nécessairement être l'auxiliaire de tel ou tel parti, comme on l'a déjà vu; mais ces factions une fois calmées, la religion deviendrait à l'instant dans les États-Unis ce qu'elle y est aujourd'hui; ce qui veut dire, en résultat, qu'elle n'y a point de fanatisme pour son propre compte, et c'est déjà beaucoup.—(Note du citoyen Talleyrand, au mois de ventôse an VII.)
[63] Cela était littéralement vrai lorsque ce mémoire a été lu à l'Institut. Si depuis ce moment des partis s'y sont formés de nouveau, s'il en est un qui travaille à remettre honteusement l'Amérique sous le joug de la Grande-Bretagne, cela confirmerait beaucoup trop ce que j'établis dans le cours de ce mémoire, que les Américains sont encore Anglais; mais tout porte à croire qu'un tel parti ne triomphera pas, que la sagesse du gouvernement français aura déconcerté ses espérances; et je n'aurai pas à rétracter le bien que je dis ici d'un peuple de qui je me plais à reconnaître qu'il n'est Anglais que par des habitudes qui ne touchent point à son indépendance politique, et non par le sentiment qui lui ferait regretter de l'avoir conquise.—(Note du citoyen Talleyrand, au mois de ventôse an VII.)
TABLE DES MATIÈRES
| Avant-propos du traducteur | [I] |
| PREMIÈRE PARTIE | |
|---|---|
| Du commencement de la Révolution jusqu'au rapport sur l'état dupays | [1] |
Différents types d'hommes.—M. de Talleyrand, homme politique.—Caractèredu dix-huitième siècle qui l'avait formé.—Sa naissance, lecaractère de sa personne, son entrée dans l'Église.—Causes de larévolution.—États généraux.—L'influence de Talleyrand sur leclergé; sur la décision relative aux instructions des membres de l'Assembléeet à la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme.—Soncourage dans les moments de danger.—Ses connaissances enmatière de finance.—Ses propositions relatives aux biens de l'Église.—Discréditoù il tombe auprès du parti de la royauté.—Sa popularitéauprès de l'Assemblée.—Il est chargé de résider ses manifestes à lanation.—Son projet sur l'uniformité des poids et mesures. | |
| DEUXIÈME PARTIE | |
| De la fête du 14 juillet à la fermeture de l'Assemblée nationale | [71] |
M. de Talleyrand bénit l'étendard de la France à la réjouissance du14 juillet.—Détresse financière croissante.—Vues de M. de Talleyrand.—Constitutioncivile du clergé.—Conduite de M. de Talleyrand.—Ilrefuse l'évêché de Paris.—Lettre aux éditeurs duMoniteur.—Mort de Mirabeau.—Esquisse de sa carrière et de sesrelations avec M. de Talleyrand, qui l'assiste à son lit de mort.—Commentil a probablement initié M. de Talleyrand aux intrigues dela cour.—Il laisse à M. de Talleyrand son discours projeté sur la loide la succession, discours que M. de Talleyrand lut à l'Assemblée nationale.—M.de Talleyrand est suspendu de ses fonctions épiscopaleset il quitte l'Église.—Fierté du roi.—Conduite et vues de M. de Talleyrand.—Ildésire venir au secours du roi.—Folle conduite du parti dela cour.—Décret fatal de l'Assemblée nationale, défendant la réélectionde ses membres.—Projet d'éducation de M. de Talleyrand.—l'Assembléese sépare le 13 septembre 1791.—M. de Talleyrand va enAngleterre, en janvier 1791. | |
| TROISIÈME PARTIE | |
| De la fermeture de l'Assemblée nationale au Consulat | [123] |
M. de Talleyrand à Londres.—Ses manières et son extérieur.—Sestraits d'esprit.—Il visite l'Angleterre.—Lord Grenville refuse de discuteraffaires avec lui.—Il va à Paris et en revient avec une lettre duroi.—L'état des affaires en France met obstacle au succès de toutemission en Angleterre.—Il arrive à Paris juste avant le 10 août.—Ils'échappe, et retourne en Angleterre, le 16 septembre 1792.—Ilécrit à lord Grenville, pour lui déclarer qu'il n'a aucune mission.—Ilest expulsé le 28 janvier 1793.—Il va en Amérique.—Il attendjusqu'à la mort de Robespierre.—Il obtient alors la permission deretourner en France.—Chénier déclare qu'il était employé par legouvernement provisoire en 1792, quand il avait dit à lord Grenvillequ'il ne l'était pas.—Réception bienveillante.—Portrait du Directoireet de la société à cette époque.—Il est nommé secrétaire del'Institut, et lit à cette assemblée deux mémoires remarquables.—Ilest nommé ministre des affaires étrangères.—Il prend le parti deBarras contre les Assemblées.—Rupture des négociations de Lille.—Adresseaux agents diplomatiques.—Paix de Campo-Formio.—Bonaparteva en Égypte.—Les démocrates triomphent dans le Directoire.—M.de Talleyrand quitte le ministère, et publie une réponse aux accusationsportées contre lui.—Paris fatigué du Directoire.—Bonaparte,revient d'Égypte.—Talleyrand s'unit à Sieyès pour renverser le gouvernement,et remettre le pouvoir aux mains de Bonaparte. | |
| QUATRIÈME PARTIE | |
| Le Consulat et l'Empire | [173] |
Talleyrand favorise l'extension de la puissance du Premier consul, puissancequi a pris pour point de départ un principe de tolérance etd'oubli du passé.—Napoléon tente de faire la paix avec l'Angleterre;il échoue.—Bataille de Marengo.—Traité de Lunéville et paixd'Amiens.—De la société à Paris pendant la paix.—Rupture.—M.de Talleyrand appuie le consulat à vie, la création de la Légiond'honneur et du Concordat.—Il obtient du pape la permission deporter l'habit séculier et d'administrer les affaires civiles.—Il semarie.—Exécution du duc d'Enghien. Nouvelle coalition. Batailled'Austerlitz.—Traité de Presbourg.—Fox entre au pouvoir et essayeinutilement d'une paix.—La Prusse se déclare contre la France et estvaincue à Iéna.—Paix de Tilsitt.—M. de Talleyrand renonce auministère des affaires étrangères.—Différends sur la politique enEspagne.—Talleyrand et Fouché alors à la tête d'une opposition modérée.—Campagnede Russie; idée d'employer M. de Talleyrand.—Lesdéfaites de Napoléon commencent.—Après la bataille de Leipsig,il offre à M. de Talleyrand le ministère des affaires étrangères, maisà des conditions inacceptables.—Pendant la série continue de désastresqui s'ouvre alors, M. de Talleyrand ne cesse de conseiller lapaix.—Il essaye de persuader à Marie-Louise de ne pas quitter Paris.—Ilhésite entre une régence avec elle, et les Bourbons.—Toutefois,lorsque son départ suspend l'autorité constitué, et que l'empereur deRussie prend pour lieu de résidence l'hôtel Talleyrand, et demande àM. de Talleyrand quel gouvernement il faudrait établir, il répond:«Celui des Bourbons.»—Efforts pour obtenir une constitution avecla Restauration.—Napoléon arrive à Fontainebleau.—Il négocie,mais finit par abandonner le trône de France, et accepte pour lieu deretraite l'île d'Elbe, conservant cependant son titre d'empereur. | |
| CINQUIÈME PARTIE | |
| De la chute de l'empereur Napoléon, en 1814, à la fin de l'administrationde M. de Talleyrand, en septembre 1815 | [240] |
Le comte d'Artois, lieutenant général de France.—Traité du 23 avrilpour l'évacuation de la France.—Louis XVIII, contrairement à l'avisde M. de Talleyrand, refuse d'accepter la couronne avec une constitutioncomme le don de la nation; mais regardant la couronne commelui appartenant de droit, il consent à accorder la constitution.—Ilforme son gouvernement d'éléments divers, nommant M. de Talleyrandministre des affaires étrangères.—Il semble bientôt se méfier de cedernier, et en est jaloux.—Esprit réactionnaire du parti des émigréset du comte d'Artois.—Traité de Paris.—M. de Talleyrand se rendà Vienne, et dans le cours des négociations, s'arrange pour faire untraité séparé avec l'Autriche et la Grande-Bretagne, et rompre ainsila solidarité des puissances qui s'étaient coalisées contre la France.—Bonapartes'échappe de l'île d'Elbe.—Nouveau traité contre Napoléon,traité qui a quelque ambiguïté dans les termes, mais qui semble unrenouvellement du traité de Paris.—Les Bourbons vont à Gand.—Bonaparteinstallé aux Tuileries.—M. de Talleyrand se rend à Carlsbad.—Leprince de Metternich et Fouché font des démarches pourla déposition de Napoléon en faveur de la régence de sa femme; ils neréussissent pas.—Les alliés adoptent de nouveau Louis XVIII.—M. deTalleyrand se rend à Gand.—Il est d'abord reçu.—Il fait la leçonaux Bourbons.—Il est de nouveau créé ministre.—Il rencontre del'opposition de la part du parti royaliste et de l'empereur de Russie;il est faiblement soutenu par l'Angleterre et abandonné par Louis XVIII.—Ildonne sa démission. | |
| SIXIÈME PARTIE | |
| Depuis la retraite de M. de Talleyrand jusqu'à la révolution de 1830 | [315] |
| Appendice | [369] |
| Essai sur les avantages à retirer de colonies nouvelles dans les circonstancesprésentes, par le citoyen Talleyrand. Lu à la séance publiquede l'Institut national, le 25 messidor an V. | |
| Mémoire sur les relations commerciales des Etats-Unis avec l'Angleterre,par le citoyen Talleyrand. Lu le 15 germinal an V. | |
PARIS.—IMPRIMERIE SIMON RAÇON ET COMP., RUE D'ERFURTH, 1.