Que les usages qui réglaient la concession du droit de bourgeoisie seraient abrogés;

Que les sentences de bannissement ne pourraient être prononcées par les échevins qu'avec l'intervention du bailli du duc;

Que les échevins de Gand ne pourraient plus faire publier des édits, ordonnances ou statuts sans l'autorisation du bailli, et qu'il ne leur serait plus permis dorénavant de placer leurs titres au haut des lettres qu'ils écriraient aux officiers du duc;

Que les Gantois livreraient leurs bannières au duc «en signe de la réparacion de l'offense que ceulx de Gand ont commise en eslevant et portant contre luy icelles bannières;»

Qu'ils supprimeraient les chaperons blancs établis «soubz couleur d'exécuter leurs sentences et commandements;»

Qu'ils ne connaîtraient plus des appels interjetés dans le pays des Quatre-Métiers, dans le pays de Waes ou dans les châtellenies d'Alost, d'Audenarde et de Courtray;

Qu'ils payeraient une amende de deux cent mille ridders d'or et cinquante mille ridders pour relever les croix et les églises;

Que les hooftmans, les échevins et les doyens, accompagnés de deux mille bourgeois de Gand, feraient amende honorable au duc «à demie lieue hors d'icelle ville, à tel jour qu'il plaira à mondit seigneur ordonner et déclarer, à savoir les dix hoofmans tous nudz en leurs chemises et petits draps, et tous les autres deschaus et nues testes, et tous se mettront à genoulx devant mondit seigneur, et eulx estans en l'estat dessus dit, diront, en langage françois, que faulsement et mauvaisement et comme rebelles et désobéissans, et en entreprenant grandement à l'encontre de mondit seigneur et de son autorité et seigneurie, il se sont mis sus en armes, ont créé hooftmans et couru sus à mondit seigneur et ses gens; qu'ilz s'en repentent et en requièrent en toute humilité mercy et pardon à mondit seigneur. Et ce fait, tous ensemble et à une voix crieront mercy.»

On y lisait de plus que les portes de la ville par lesquelles les Gantois étaient sortis pour attaquer Audenarde seraient fermées le jeudi de chaque semaine, et que celle qui s'ouvrit à leur armée se préparant à combattre le duc lui-même à Rupelmonde serait «murée et à toujours comdempnée.»

Pour reproduire toute la physionomie de ce traité, il faut y ajouter cette phrase latine de Jean de Schoonhove qui dressa l'acte public de la soumission des Gantois: Acta fuerunt hæc in campis in exercitu prope castrum de Gavre in domuncula portabili illustrissimi domini ducis. Le notaire s'inquiétait peu de l'élégance du style dans la rédaction de ce parchemin où le duc de Bourgogne pouvait imprimer pour sceau la pointe sanglante de son épée.