2e. L'armée pourrait-elle couvrir et défendre Paris?—Rép. Elle le pourrait; mais non pas indéfiniment. Elle ne doit pas s'exposer à manquer de vivres et de retraite.
3e. Si l'armée était attaquée sur tous les points, pourrait-elle empêcher l'ennemi de pénétrer dans Paris, d'un côté ou d'un autre?—Rép. Il est difficile que l'armée soit attaquée sur tous les points à la fois; mais si cela arrivait, il y aurait peu d'espoir de résistance.
4e. En cas de revers, le général en chef pourrait-il réserver ou recueillir assez de moyens pour s'opposer à l'entrée de vive force?—Rép. Aucun général ne peut répondre des suites d'une bataille.
5e. Existe-t-il des munitions suffisantes pour plusieurs combats?—Rép. Oui.
6e. Enfin, peut-on répondre du sort de la capitale, et pour combien de tems?—Rép. Il n'y a aucune garantie à cet égard.
Le maréchal ministre de la Guerre, (Signé) Le prince d'ECKMUHL.
2 juillet, à 3 heures du matin.
La réponse du conseil de guerre fut immédiatement transmise aux
Tuileries, et y devint l'objet d'une longue et profonde délibération.
Enfin, après avoir pesé les avantages et les dangers d'une défense prolongée, après avoir considéré que Paris, sans espoir de secours et enveloppé de toutes parts, serait ou emporté d'assaut ou forcé de se rendre à discrétion; que l'armée, sans moyen de retraite, se trouverait peut-être placée entre le déshonneur de se rendre prisonnière ou la nécessité de s'ensevelir sous les ruines de la capitale, la commission décida univoquement que Paris ne serait point défendu, et qu'on se soumettrait à le remettre entre les mains des alliés, puisque les alliés ne voulaient suspendre les hostilités qu'à ce prix.
Le général Ziethen, commandant de l'avant-garde du prince Blucher, fut instruit de cette détermination par le prince d'Eckmuhl. Il lui répondit: