Florian avait écrit aussi plusieurs romans, Estelle et Nemorin, Gonzalve de Cordoue, etc., dans le genre pastoral et sentimental et, chose singulière! ils reçurent le meilleur accueil de la société corrompue du XVIIIe siècle. Aussi faux de ton que certaines peintures de Boucher ou Lancret, mais non point malhonnêtes comme les toiles de ces messieurs, ils firent larmoyer nos bisaïeules promptes au sourire comme aux larmes. On ne lit plus aujourd'hui ces récits démodés qui tous ensemble ne valent pas une des fables du poète.

For l'Évêque (rue du): C'est-à-dire le Siége de la juridiction temporelle de l'Évêque.

Fouarre (rue de): Fut ainsi nommée à cause de la paille ou fouarre qu'on y vendait et dont les écoliers se servaient, aux jours de leurs assemblées et actions publiques, pour joncher les écoles et s'asseoir tandis que les régents et docteurs se tenaient dans des chaires ou sur des siéges élevés.

Four St-Germain (rue du): Elle fut ainsi appelée à cause du four banal de l'abbaye St-Germain des Prés construit au coin de la rue Neuve-Guillemin. Des fours semblables existaient dans les divers quartiers de Paris, et les habitants étaient obligés, sous peine d'amende et de confiscation, d'y faire cuire leur pain, ce qui produisait un revenu assuré et considérable au propriétaire laïque ou ecclésiastique. Mais de ce monopole il résultait des abus qui le rendirent oppressif et gênant pour les habitants. Des plaintes s'élevèrent et si vives, si persistantes qu'enfin Philippe-Auguste, par une ordonnance de l'année 1200, supprima les priviléges en autorisant les boulangers à faire construire des fours dans leurs maisons, moyennant une redevance annuelle par chacun d'eux de neufs sols trois deniers une obole.

Plus tard, le mot four, eut, paraît-il, une autre signification. On lit dans le journal de la cour de Louis XIV, du 10 janvier 1695: «Il y avait plusieurs soldats et même des gardes du corps qui, dans Paris et sur les chemins voisins, prenaient par force des gens qu'ils croyaient en état de servir et les menaient dans des maisons qu'ils avaient pour cela dans Paris, où ils les enfermaient et ensuite les vendaient malgré eux aux officiers qui faisaient ces recrues; ces maisons s'appelaient fours.»

Le roi, informé de ces faits odieux, ordonna de saisir à la fois tous ces racoleurs interlopes, et d'instruire immédiatement leur procès. Huit des plus coupables furent pendus. De leurs interrogatoires et de leurs aveux il résulta que Paris ne comptait pas moins de vingt-huit de ces fours ou prisons anonymes dans lesquelles, en outre des conscrits, on entraînait par force ou par ruse des femmes et des enfants qu'on vendait pour servir à peupler les colonies d'Amérique. De pareils crimes, non moins odieux qu'audacieux, pouvaient-ils être trop sévèrement châtiés?

Francs-Bourgeois, au marais, (rue des): Vers le milieu du XIIIe siècle, cette rue déjà construite s'appelait des Viez Poulies d'un jeu alors fort en vogue et dont les exercices avaient lieu dans une des maisons de la rue. Vers le milieu du siècle suivant (1350), Jean Roussel et Alix sa femme firent construire un grand hôtel destiné à servir d'asile à vingt-quatre pauvres. En 1315, la fille de Jean Roussel, mariée à Pierre le Mazurier, du consentement de celui-ci, donna cet hôpital au grand prieur de France avec 70 livres de rente, à condition de loger deux pauvres dans chaque chambre. La rue s'appela dès lors des Francs-Bourgeois parce que les pauvres de l'asile étaient francs, c'est-à-dire exempts de toutes taxes et impôts.

François-Miron (rue): Ce fut par les soins de ce prévôt des marchands justement célèbre que l'Hôtel de Ville put s'achever en 1606. François Miron ne se borna pas à faire preuve de zèle en stimulant l'architecte et les ouvriers; il n'hésita pas devant des sacrifices personnels considérables pour diminuer les dépenses à la charge de l'état, et donna 900 livres de son propre argent et plus de vingt-deux mille livres qui lui revenaient par les droits de sa charge. On lui doit les ornements de la façade, le grand perron, les escaliers, le portique et la statue équestre de Henri IV placée au-dessus de la porte d'entrée.

François Ier (rue): Nous avons été sévère peut-être, dans la France héroïque, pour François Ier homme d'état et souverain. Voici sur le Restaurateur des lettres une belle page qu'il nous paraît juste de reproduire: «Mais depuis, dit le seigneur de la Planche, la bonté de Dieu s'est déployée sur nous et sur toute la France, par la main de ce grand roi, François Ier de nom, qui nous a tirés comme d'un tombeau les sciences, les arts, les lettres et bonnes disciplines ensevelies en une fondrière d'ignorance; et à l'aide d'un Amyot, d'un Jacques Colin et de tant d'autres excellents ouvriers, nous a rendu les outils de sagesse tranchants en notre langue maternelle; tellement qu'ils n'y a artisan qui ne puisse s'il veut, de lui-même, et sans rien dérober à sa besogne, se rendre savant.»

Citons un autre passage non moins curieux de Brantôme: «De plus, ce roi a été très bon catholique, sans jamais s'être dérogé de la sainte foi et religion catholique pour entrer le moins du monde en l'hérésie de Luther qui commença à venir de son temps: comme fit le roi Henri d'Angleterre, son bon frère et son contemporain, encore que toutes choses nouvelles plaisent; mais telle nouveauté ne lui plut point, et ne l'approuva jamais, disant qu'elle tendait du tout à la subversion de la monarchie divine et humaine. Il aima et embrassa fort l'Église catholique, apostolique et romaine, la servant fort révéremment sans aucune bigoterie et hypocrisie.»