Il y avait une rue du même nom donnant d'un bout dans la rue des Boucheries Saint-Germain; son nom, paraît-il, lui venait d'une enseigne.

Geindre (rue): Jaillot fait venir ce mot de junior employé dans les anciens titres pour désigner un compagnon, un aide, un commis.

Geoffroy Saint-Hilaire (rue): Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844), célèbre naturaliste français, créa l'enseignement de la Zoologie et par suite les collections et la ménagerie du Jardin des Plantes. Le nom de cet homme illustre est à bon droit populaire, car, cher aux savants, il ne doit pas être moins cher aux familles d'artisans comme aux écoliers de tout âge auxquels, pour les jeudis et dimanches, il a ménagé un lieu de promenade qui offre tant d'attrait à la curiosité et où le plaisir s'unit à l'instruction.

Germain-Pilon (rue): Ce célèbre sculpteur (1515-1590), l'émule de Jean Goujon, mérite une place à part dans l'histoire de l'art, par son talent original qui n'est point gâté par l'affectation du savoir et la fausse imitation qu'on pourrait qualifier la parodie de l'antique.

Saint-Germain des Prés (église de): «L'abbaye de Saint-Germain des Prés, dit Sainte-Foix, proche et hors des murs de Paris, ressemblait à une citadelle; ses murailles étaient flanquées de tours et environnées de fossés. Un canal, large de treize à quatorze toises, qui commençait à la rivière et qu'on appelait la petite Seine, coulait le long du terrain où est à présent la rue des Petits-Augustins (Bonaparte) et allait tomber dans ces fossés. La prairie, que ce canal partageait en deux, fut nommée le grand et le petit prés aux Clercs, parce que les écoliers, que l'on appelait autrefois clercs, allaient s'y promener les jours de fête. Le petit pré était le plus proche de la ville.»

En 1460, les fossés furent comblés et sur le terrain qu'ils occupaient on bâtit un des côtés des rues Saint-Benoît, Sainte-Marguerite et du Colombier.

Gouvion Saint-Cyr (rue): Le maréchal Gouvion Saint-Cyr (Laurent) (1764-1830), après avoir pris une part glorieuse aux guerres de la République et de l'Empire, devint, sous la Restauration, de 1815 à 1821, ministre de la guerre. On lui dut la réorganisation de l'armée et sur des bases qui ont mérité les éloges des juges les plus compétents. «Les lois sur le recrutement, dit quelque part Gouvion Saint-Cyr, sont des institutions.»

Grenelle (rue de): Elle s'appelait autrefois chemin de Grenelle parce qu'il conduisait à ce village.

Guillemin, (rue Neuve): S'appelait d'abord rue de la Corne, nom qui lui fut donné «à cause de quelque tête de cerf (que le peuple appelle corne) scellée dans les murs de la maison qui en fait le coin vers la rue du Vieux Colombier.» Ce nom fut ensuite changé en celui de Guillemin parce que sur le terrain que couvre la rue se trouvait auparavant un jardin appartenant à une famille de ce nom. «Et parce que ce mot de Guillemin est un peu proverbial, le peuple, qui se plaît à tourner tout en raillerie, non content d'avoir ajouté au nom de Guillemin, propriétaire du jardin, l'épithète de Croque-sol, le donna encore à la rue de sorte qu'il l'appelle plus souvent la rue Guillemin Croque-sol que la rue Guillemin.»

Saint-Germain l'Auxerrois. Cette église est une des plus anciennes et des plus remarquables de Paris, et il n'en est aucune pourtant dont l'origine présente plus d'obscurité. Il est certain qu'elle existait au VIIe siècle, puisque saint Landri, évêque de Paris, mort vers l'an 655 ou 656, y fut inhumé. L'église subsista, telle qu'elle avait été bâtie d'abord, jusqu'au siége de Paris par les Normands. Ces barbares l'épargnèrent tant qu'elle leur parut utile à leur défense; ils la fortifièrent à cet effet d'un fossé dont on retrouve encore la trace aujourd'hui dans la rue qui en porte le nom; mais lorsqu'ils furent forcés de battre en retraite, ils la détruisirent de fond en comble. Helgaud, moine de Fleury, nous apprend que le roi Robert la fit rebâtir. À différentes reprises, elle fut reconstruite ou réparée par l'ordre de nos rois qui la considéraient comme leur paroisse quand ils eurent fait du Louvre leur demeure habituelle. Ce qu'on voit de plus ancien dans l'édifice est le grand portail qui paraît être du siècle de Philippe-le-Bel; le vestibule ou portique qui le précède ne fut construit que sous le règne de Charles VII.