Jacob (rue): Doit son nom à la reine Marguerite de Valois qui avait fait vœu de bâtir un autel et fit construire le couvent et l'église des Petits-Augustins où s'éleva l'autel Jacob.

Saint-Jacques de la Boucherie (Tour): Lors de la démolition de l'église, vendue, en 1797, comme propriété nationale, cette Tour avait été conservée. La ville de Paris l'ayant achetée des héritiers Dubois pour la somme de 250,000, elle fut classée parmi les monuments historiques, ce qui la mettait pour toujours à l'abri de la pioche des démolisseurs. La tour, habilement restaurée par l'architecte Th. Ballu, s'élève maintenant au milieu des frais ombrages d'un square bien connu des mères de famille du quartier et de leurs gentils bambins.

Voyez se dresser, veuve et seule,
Du sein des arbustes fleuris,
La tour Saint-Jacque, une autre aïeule
Des édifices de Paris.
Longtemps son destin fut précaire;
Mais, comme un riche reliquaire
Que quelque amoureux antiquaire
Conserve précieusement,
Qu'il tonne, qu'il vente ou qu'il pleuve,
Elle est désormais à l'épreuve
Et, sur sa base, au bord du fleuve,
Assise inébranlablement.

a dit un poète contemporain[48]. Au premier étage se voit une statue de Pascal, et une inscription placée sur l'une des parois rappelle que ce fut dans la Tour St-Jacques que Blaise fit ses premières expériences relatives à la pesanteur de l'air.

St-Jacques (rue): A longtemps été divisée en plusieurs tronçons appelés de noms divers: Grande rue du Petit-Pont, Grande rue St-Benoît, Grande rue St-Étienne des Grès. Son nom actuel, qu'elle porte dans toute sa longueur, vient originairement de la chapelle St-Jacques qui s'y trouvait et que desservaient, depuis l'année 1218, les religieux dominicains.

Japy (rue): Elle doit son nom à une famille d'horlogers célèbres, dont le chef, Frédéric Japy, était fils d'un maréchal ferrant de Beaucourt, arrondissement de Béfort (Haut-Rhin). Après avoir fait son apprentissage en Suisse, chez un horloger distingué du pays, nommé Perrelet, il vint à Paris en 1789 «ayant pour toute mise de fonds, dit M. Lazare, ses bras et son cœur.» Trente ans après, il cédait à ses trois fils son établissement très-prospère et l'un des plus considérables de France et même d'Europe.

Jardinet (rue du): A pris ce nom du jardin du collége de l'hôtel Vendôme situé entre cette rue et celle du Battoir.

Jean de l'Épine (rue): C'était le nom du greffier criminel du Parlement qui habitait cette rue en 1426 et probablement fit remplacer par son nom propre celui de la Tonnellerie qu'elle portait. De même la rue Jean-Pain-Mollet, voisine, cessa de s'appeler du Croc, en 1263, à cause d'un notable bourgeois qui y possédait une fort belle maison et s'appelait Jean-Pain-Mollet.

Jeûneurs (rue des): Altération du mot Jeux-Neufs, nom que portait la rue vers 1643, parce qu'elle avait été construite sur l'emplacement des jeux de boules.

Joubert (rue): L'éminent écrivain auquel, dans nos Biographies, nous avons consacré toute une étude, en réalité cependant n'est point celui qui, dans la pensée de nos édiles, a donné son nom à la rue; mais, comme on l'a dit, Joubert (Barthélemy-Catherine) né à Pont-de-Veaux en 1769 et qui se distingua plus avec l'épée qu'avec la plume. Engagé volontaire en 1791, il s'éleva promptement aux premiers grades, général en chef des Armées de Hollande, Mayence, Italie. Lorsqu'il fut tué à la bataille de Novi, il comptait trente ans à peine.