Légion-d'Honneur (palais de la): Construit en 1786 par le prince de Salm, cet édifice, devenu propriété nationale, fut affecté par Napoléon 1er à la demeure du grand chancelier de la Légion-d'Honneur et au service des bureaux.

Le Graverend (rue): Jurisconsulte éminent, le Graverend, né à Rennes en 1776, y mourut le 5 novembre 1827.

Cardinal Lemoine (rue du): Jean Lemoine, cardinal, fonda, en 1302, un collége longtemps célèbre à l'intention des pauvres maîtres et écoliers de la rue du Chardonnet, ainsi qu'il les appelait. Cet établissement fut, comme tant d'autres, supprimé par la Révolution et devint propriété nationale.

Lions St-Paul (rue des): Cette rue prit son nom du bâtiment et des cours où étaient renfermés les grands et les petits lions du roi. «Un jour que François Ier s'amusait à regarder un combat de ses lions, une dame, ayant laissé tomber son gant, dit à de Lorges: «Si vous voulez que je croie que vous m'aimez autant que vous me le jurez tous les jours, allez ramasser mon gant.» De Lorges descend, ramasse le gant au milieu de ces terribles animaux, remonte, le jette au nez de la dame, et depuis, malgré toutes les avances et les agaceries qu'elle lui faisait, il ne voulut jamais la voir.» (Sainte-Foix.)

Excellente leçon donnée à la coquetterie!

Licorne (rue de la): Ce nom vient d'une enseigne qu'on y voyait en 1297, et qui représentait un unicorne, comme on disait alors, et la rue s'appelait de l'Unicorne. «Cependant j'ai ouï dire que bien des gens prétendaient que ce nom ne lui avait été donné qu'à l'occasion d'une licorne qu'on y montrait autrefois pour de l'argent; pour quoi je serais de leur opinion volontiers s'ils pouvaient nous faire voir une licorne en vie; mais qu'ils ne se mettent point en peine d'en chercher, car il n'y en a jamais eu au monde, si ce n'est en peinture.» (Sauval.)

Lobau (rue): Georges Mouton, comte de Lobau, naquit le 21 février 1770 à Phalsbourg. Engagé volontaire en 1792, sa bravoure à l'armée du Rhin lui valut l'épaulette d'officier. Aide-de-camp de Joubert à Novi, il reçut dans ses bras le général frappé mortellement et qui bientôt expira. Colonel en 1800, général de brigade en 1805, Mouton mérita à la bataille d'Essling (1809) d'être nommé comte de Lobau, «pour avoir sept fois, aux termes du décret, repoussé l'ennemi et par là assuré la gloire de nos armes.»

Quelques temps après, l'Empereur voyant à la Cour arriver la comtesse Lobau, s'approcha d'elle et lui dit: «Votre mari est brave comme son épée et lui aussi méritait d'être prince d'Essling.»

Après 1830, Lobau fut fait commandant en chef des gardes nationales de France. Tout le monde se rappelle le moyen original autant qu'efficace employé par lui pour dissiper, place Vendôme, une émeute sans effusion de sang. Les pompes remplacèrent, et avec un plein succès, les canons. Les Parisiens mis en gaîté par l'expédient ne purent garder beaucoup rancune au vieux brave, mais néanmoins se vengèrent par d'interminables plaisanteries, dont le maréchal[50] riait tout le premier sous sa moustache grise. Lobau mourut en 1838 (27 novembre.)

Lombards (rue des): Elle a pris son nom de certains usuriers et créanciers si impatients que par ironie on disait autrefois à Paris la Patience des Lombards.