—Ne le pendez pas à cette noble potence, disait quelqu'un.

—C'est vrai! conduisez-le vers la vieille maison, hurla un autre assistant.

Et ce fleuve d'êtres vivants entraîna le condamné vers un adobe (maison de pizai) en ruines, qui avait autrefois servi de douane. On hissa une poutrelle à l'une des fenêtres, et quand elle eut été solidement fixée on passa une corde solide à une poulie.

Tandis que ceci se préparait, les hommes de la police faisaient de vains efforts pour s'emparer du condamné, mais ils se virent repoussés de toutes parts.

S'ils eussent persisté dans leur projet, on les aurait reçus à coups de revolver, quoiqu'un certain nombre d'assistants fût opposé à cette exécution sommaire et se montrât disposé à favoriser les efforts de la police.

Le prisonnier, balloté entre ceux-ci et ceux-là, se mourait de peur. Tout à coup, il sentit un noeud coulant glisser autour de son cou, et il fut enlevé par une vingtaine de bras à 10 mètres au-dessus du sol.

La secousse avait été mortelle, et, après quelques balancements, quelques trémoussements nerveux, le criminel, victime de la vengeance populaire, n'était plus qu'un cadavre.

Tandis que ce cadavre restait ainsi suspendu au-dessus de la foule, la terreur s'était emparée des exécuteurs eux-mêmes, qui se dispersèrent lentement.

Quelques-uns, les plus endurcis, restèrent seuls jusqu'au lever du jour, près du lieu de l'exécution.

A six heures, le marshall Mac-Crowski se rendit vers l'adobe, coupa la corde et fit emporter le corps de feu John Jenkins, qui fut déposé à la salle des morts.