—Qu’y a-t-il, demanda le voyageur en s’arrêtant aussi.
—Avez-vous sur vous des armes, Sr. D. José?
—Un revolver... Ah! je comprends. Sont-ce bien des voleurs?
—C’est possible... répondit le paysan fort ému. Il me semble avoir entendu une détonation.
—Allons donc voir... En avant, s’écria le gentilhomme en éperonnant sa monture.—Ils ne sont pas si terribles que cela.
—Un peu de calme, Sr. D. José,—s’écria, en l’arrêtant, le villageois.—Ces gens-là sont pires que le diable. Dernièrement, ils ont assassiné deux gentilshommes qui allaient prendre le train... Ne faisons pas les braves. Gasparon el Fuerte, Pepito, Chispillas, Morengue et Ahorca-Suegros ne me verront jamais en face. Prenons la traverse.
—En avant! Sr. Licurgo.
—En arrière! Sr. D. José, répliqua le paysan d’un ton suppliant. Vous ne connaissez pas ces gens-là. Ce sont eux qui, le mois dernier, volèrent dans l’église du Carmen, le saint-ciboire, la couronne de la Vierge et deux candélabres; et ce sont eux qui, il y a deux ans, pillèrent le train allant sur Madrid.
A l’énumération de si déplorables antécédents, D. José sentit quelque peu s’amollir son courage.
—Voyez-vous là-bas ce grand coteau couvert de pins? C’est là que se cachent ces bandits dans des cavernes qu’on appelle la Estancia de los Caballeros[8].