—Je couperai la gorge au Sr. de Rey.
—Quelle extravagance! Tu es aussi stupide que lâche—dit en pâlissant la señora.—Que parles-tu d’égorger, alors que je ne veux faire égorger qui que ce soit et moins encore que tout autre mon neveu, que j’aime malgré ses forfaits?
—L’assassinat! Quelle atrocité!—s’écria scandalisé, le Sr. D. Inocencio.—Cet homme est fou.
—Assassiner!..... La seule idée d’un assassinat me remplit d’épouvante, Caballuco—dit la señora en fermant doucement ses beaux yeux.—Pauvre homme! Dès que tu as voulu faire preuve de courage, tu t’es mis à hurler comme une bête fauve.—Va-t-en d’ici, Ramos: tu me fais horreur.
—La señora n’a-t-elle pas dit qu’elle a peur? N’a-t-elle pas dit qu’on assiégera sa maison, qu’on lui enlèvera sa fille?
—Oui, je le crains.
—Et c’est un seul homme qui fera cela—dit Ramos avec mépris, en s’asseyant de nouveau.—Cela, c’est le Sr. D. Pepe Poquita Cosa[30] qui le fera avec ses mathématiques! J’ai eu tort de dire que je lui tordrais le cou. Quand on a affaire à un marmouset de cette espèce, il n’y a qu’à le prendre par l’oreille et à lui faire faire un plongeon dans la rivière.
—Bon; épanouis-toi la rate, maintenant, imbécile.—Ce n’est pas mon neveu seul qui peut commettre toutes les infamies dont tu viens de parler et que je crains: s’il était seul, je ne le craindrais pas. J’ordonnerais à Librada de se tenir sur la porte avec un balai, et cela suffirait..... Mais il n’est pas seul, non.
—Qui donc?...
—Ne fais pas la bête. Ne sais-tu pas que mon neveu et le brigadier qui commande cette troupe de l’enfer ont confabulé?