—En tout cas, c’est bien extraordinaire....

—Mais enfin, puisqu’il est venu, il a dû vous dire....

—A moi? Que veux-tu qu’il m’ait dit, si je ne l’ai pas vu?... Laisse que je t’explique. A dix heures, une des petites filles de la cordonnière est descendue comme d’habitude pour me tenir compagnie: l’aînée, Célédonia, qui est plus vive que la poudre. Bon! à minuit moins un quart, drelin, drelin! on sonne à la porte. Je dis à la petite: «Ouvre, ma fille, et qui que ce soit, dis que je n’y suis pas». Depuis le scandale que m’a fait ce marchand, je me garde bien de recevoir quand tu n’es pas là.... Célédonia ouvre..., j’entends d’ici une voix grave, comme celle d’un personnage, mais je ne puis rien distinguer.... Alors la petite me raconte que c’est un prêtre qui est venu....

—Son signalement?

—Grand, beau, ni vieux, ni jeune.

—C’est cela, affirma Benina, stupéfaite de la coïncidence, mais n’a-t-il point laissé sa carte?

—Non, parce qu’il avait oublié son portefeuille.

—Et il a demandé après moi?

—Non. Il a dit seulement qu’il désirait me voir pour une affaire de grande importance.

—Dans ce cas, il reviendra.