—Je me suis rappelé..., comme je sais par cœur tout mon almanach, que c’est aujourd’hui la Saint-Romuald, confesseur et évêque de Pharsale....

—Parfaitement.

—Et c’est la fête du seigneur curé, chez qui tu sers comme auxiliaire.

—Oui, je pensais que vous y auriez songé, et cela m’a rassurée, affirma la servante, qui, avec sa facilité extraordinaire de forger et de conduire des mensonges, s’empressa de s’accrocher au solide câble que sa maîtresse lui tendait, et que la besogne n’a pas été facile!

—Il a dû donner un grand repas. Oui, je me le figure! Ils ne doivent pas être à court d’estomac les curés de San-Sebastian, compagnons et amis de ton don Romuald!

—Tout ce que vous en direz est peu.

—Raconte-moi, que leur as-tu servi? demanda avec empressement la dame qui était fort curieuse de ce qui se mangeait chez les autres; oui, raconte. Tu leur as sûrement servi une mayonnaise?

—En premier un rôti que j’avais cuit à point. Ah! seigneur! qu’ils l’ont trouvé bon! Ils ont dit que j’étais la première cuisinière de toute l’Europe et que c’était par pur respect humain qu’ils ne s’en léchaient pas les doigts....

—Et après?

—Un abatis de volaille que j’ai cuisiné, digne des anges du ciel. Ensuite, des calamares dans leur jus... ensuite....