—Tu me répètes encore que tout l’argent de don Carlos pourrait être à moi? Quand?

—Quand tu voudras.

—Je le croirai si tu m’expliques comment ce miracle peut se produire.

—Moi, je sais comment..., et je te confierai ce secret.

—Et si tu peux faire que toute la fortune de ce vieux fou, une supposition, puisse passer à une autre personne, pourquoi restes-tu dans la misère et pourquoi ne la prends-tu pas pour toi?»

Almudena répondit à cela que la personne qui ferait ce miracle, dont il possédait le secret, avait besoin d’y voir. Et le miracle était sûr, par la lumière bénie, et, si elle avait le moindre doute, elle n’avait qu’à essayer, en faisant ponctuellement tout ce qu’il lui dirait.

Benina avait toujours été quelque peu superstitieuse, et elle croyait volontiers à toutes les histoires surnaturelles qu’elle entendait conter, et la misère exaspérait en elle le respect des choses invraisemblables et merveilleuses; bien qu’elle n’eût vu aucun miracle, elle espérait toujours en voir arriver un en quelque jour heureux.

Un peu de superstition, beaucoup d’anxiété, d’événements extraordinaires et jamais vus et autant de curiosité la poussèrent à demander au Marocain des explications concrètes de sa science ou art cabalistique, car cela devait être nécessairement œuvre de magie. L’aveugle lui dit que le tout consistait à savoir demander ce que l’on désire à un Sar, appelé Samdai.

«Et qui est ce noble cavalier?

—Le roi d’en bas.