—Oh! oui, je comprends. La même chose m’arrive à moi.

—Avec elle?

—Non..., avec...; je ne sais pas avec qui.»

Pour un instant, Frasquito crut que l’être idéal d’Obdulia était l’empereur. Incité à compléter sa pensée, il continua ainsi:

«Eh bien, mon amie, moi qui connais, dis-je, Eugénie de Guzman, je soutiens que vous êtes comme elle et qu’elle et vous vous ne faites qu’une seule et même personne.

—Je ne puis croire qu’une semblable ressemblance existe, Frasquito, répliqua la jeune femme troublée, les yeux brillant de plaisir.

—La physionomie, l’aspect du visage, de profil comme de face, l’expression, la tournure, la façon de regarder, le geste, la démarche, tout, tout est pareil. Croyez-moi, je dis la vérité.

—Il peut se faire qu’il y ait quelque apparence..., indiqua Obdulia rougissant jusqu’à la racine des cheveux. Mais nous ne sommes point pareilles; cela, non.

—Comme deux gouttes d’eau. Et si vous vous ressemblez entièrement au physique, dit Frasquito, entrant dans le dire d’Obdulia et sur un ton franchement naturel, la ressemblance morale n’est pas moins grande; dans l’apparence, dans l’air de la personne qui est née ou vit dans la position la plus élevée, il y a quelque chose qui révèle une supériorité à laquelle chacun rend hommage. En somme, je sais ce que je dis. Je ne vois jamais d’une façon plus frappante la ressemblance que lorsque vous donnez un ordre à Benina; je me figure que je vois Sa Majesté donnant des ordres à ses chambellans.

—Quoi, que dites-vous?... Cela ne peut être, Ponte.... Cela ne peut être.»