Le nom de l'«islam» signifie «abandon» à Dieu, résignation. Nous venons de rencontrer dans l'histoire et dans le peuple ce sentiment très chrétien; nous le retrouverons encore chez les mystiques.

CHAPITRE IV
L'AUMONE.—LÉGENDES MUSULMANES
SUR JÉSUS ET MARIE

Le précepte de l'aumône; sa signification religieuse et politique.—La dîme.—Défense du prêt à intérêt.—L'hospitalité.—Œuvres d'hospitalisation.

Jésus et Marie dans le Coran et les commentaires.—L'annonciation;—miracles de Jésus;—sa passion niée;—respect des Musulmans pour l'Evangile.

I
L'AUMONE

L'aumône est une des grandes lois de l'islam; c'est une loi aussi importante que celle de la prière. Gazali écrit[ [46]: «Dieu a fait de l'aumône un des fondements de l'islam», et encore: «la religion de l'islam se manifeste par cinq témoignages: l'affirmation qu'il n'y a de Dieu qu'Allah, que Mahomet est son serviteur et son prophète, l'assiduité à la prière et la pratique de l'aumône».

Cette loi peut être envisagée de deux manières: car elle a une double portée, dans l'ordre moral et dans l'ordre politique.

Au point de vue moral elle suppose et tend à développer les vertus de bonté, de générosité; elle provoque les œuvres de bienfaisance, et elle habitue le croyant à venir en aide à son prochain. Elle s'élargit en outre et se transforme en mystique, où nous voyons la vertu de l'aumône se confondre avec l'esprit de détachement des biens de ce monde. Ces vertus et ces sentiments sont d'origine principalement chrétienne.