L'esprit de l'islam. Alfred von Kremer, Geschichte der herrschenden Ideen des Islams, Leipzig, 1868.—Duncan B. Macdonald, Development of Muslim Theology, Jurisprudence and Constitutional theory, New-York 1903.
Philosophie. Munk, Mélanges de philosophie arabe et juive, Paris, 1859.—Carra de Vaux, Avicenne; le même, Gazali.—Renan, Averroès et l'Averroïsme, 3e éd., 1866.—Tj. de Boer, The History of philosophy in islam, traduit de l'allemand, Londres, 1903.
L'association internationale des Académies a commencé la publication en allemand, en anglais et en français d'une Encyclopédie musulmane, dans laquelle les questions de doctrine et d'histoire religieuse seront traitées. V. aussi la monumentale Encyclopaedia of religion and Ethics publiée par J. Hastings, Edinburgh, 1908.
Minarets et cloches.—Le mot minaret est formé de nâr, feu, et signifie «phare». Le minaret servait à l'origine, non pas précisément à appeler, mais plutôt à placer des fanaux. C'était un phare et une tour de guêt. Il y avait, avant l'islam, de ces tours dans les ermitages et les monastères chrétiens d'Arabie; le poète Imrou'l-Kaïs les mentionne en ce vers: «Les étoiles brillaient comme les fanaux que les moines allument pour guider les voyageurs.»
(F. Schwally, Lexicalische Studien. Z. D. M. G., 1898; E. Doutté, Les Minarets et l'Appel à la prière, un article, Alger, 1900.)
Les Musulmans n'aiment pas les cloches; elles sont généralement proscrites dans les pays d'islam; quelques missions, à force d'ingéniosité et de présents, parviennent à en avoir de petites. L'anecdote suivante me fut contée à Smyrne il y a quelques années; elle s'applique à une mission de Constantinople.
On avait placé dans la cour intérieure de cette mission une cloche de petite dimension, dont le son était pourtant assez fort pour pouvoir être entendu au dehors. Quelques années plus tard, la même cloche fut transportée à l'extérieur de la mission; on ne dit rien.
Un assez long temps se passa encore, puis à la petite cloche, on en substitua une grosse.
L'imam de la mosquée voisine vint trouver le Père supérieur et lui dit: «Pappas, qu'as-tu fait?—Mais cette cloche était là depuis longtemps», répondit le Père.—«Oui, mais elle n'était pas si grosse.» Le supérieur prit en mains une somme d'argent, et, croisant les bras de façon à la laisser voir à l'imam: «Ne comprends-tu donc pas?» lui dit-il. L'autre comprit et la cloche resta pendue.