C'est ce que pensait La Fontaine, lorsqu'il disait de son ton bonhomme:

Les longs ouvrages me font peur.

Trop de rigueur serait pourtant hors de saison; rappelons-nous le mot de Juvénal: Perituræ parcite chartæ. «Soyez indulgents au papier périssable!»

C'était l'avis de Tom Brown; du moins est-ce ainsi qu'on peut comprendre sa boutade: «Certains livres sont comme la ville de Londres: ils valent davantage après avoir été brûlés.»

Le même humoriste fait cette remarque à double détente:

«Les pièces de théâtre et les romans se vendent autant que les livres de piété; mais il y a cette différence: les gens qui lisent les premiers sont plus nombreux que ceux qui les achètent; et les gens qui achètent les seconds sont plus nombreux que ceux qui les lisent.»

II

Voici une série de pensées détachées d'écrivains anglais, toutes en l'honneur des livres:

«Les livres, disait, au commencement du XVIIe siècle, sir Thomas Overbury, nous rendent présent le temps déjà vécu. La gloire prolonge une des extrémités de notre vie, et les livres en reportent l'autre plus loin en arrière.»

Or, comme le remarque fort justement le grand savant philologue E. Littré, «un penchant naturel conduit l'homme à la contemplation du passé. Les vieux monuments, les vieux livres, les vieux souvenirs éveillent en lui un intérêt profond.»