»La pensée du trépas se présenta à lui; ce fut une espérance; il lui sembla que les musiciens, en marquant la mesure, sonnaient les dernières heures de sa vie; il se vit descendre dans le tombeau et respira.
»Bientôt il entendit Lenette entrer et allumer une chandelle. Il alla vers elle et lui donna le mouchoir. Si désolé, si navré, si abattu, il avait besoin de se rattacher à un être humain quel qu'il fût. Lenette n'était plus la femme de son choix; mais elle souffrait, mais elle avait pleuré. Lentement, sans se baisser, sans prononcer un mot, il l'enlaça de ses bras et l'attira; mais elle détourna la tête froidement, avec dégoût, se dérobant à son baiser. Il en ressentit une peine aiguë.
»Suis-je donc plus heureux que toi? dit-il.
»Puis, laissant tomber sa tête sur celle de Lenette, il la pressa sur son sein. Vains embrassements! Alors des profondeurs de son âme, mille voix jaillirent et répétèrent: C'en est fait pour toujours?»
Le besoin de distractions extérieures, de divertissements, de fêtes, de plaisirs mondains est un écueil trop connu et contre lequel on est, de toute part, trop mis en garde pour que nous y insistions. Pour être intéressant et vraiment pratique, il faudrait entrer dans le détail. Mais la revue, même rapide, des occasions et des formes de dissipation que la vie du monde offre chaque jour, remplirait tout un volume aisément. Force nous est donc de nous en tenir à l'expression généralisée de notre pensée.
Eh quoi! dira-t-on. Vous ne permettez même pas qu'on danse?...—Si vraiment, faites de la musique, chantez, dansez, amusez-vous de mille manières, mais faites-le franchement, sans apprêt ni arrière-pensée, et surtout dans des conditions telles que vos devoirs ne restent pas en souffrance à la maison.
Ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile, s'il faut en croire le Code conjugal d'Horace Raisson: «Le bal, tel que nos usages l'ont fait, a cessé d'être une distraction agréable; les apprêts en sont un travail, le plaisir en est une fatigue, et le résultat un danger.»
Je retrouve, dans de vieux papiers, des vers juvéniles qu'en raison du sujet traité je me hasarde à transcrire. A défaut d'autre mérite, ils ont celui d'être inédits:
I
Un bal est, à vrai dire, une superbe chose.