Il est piquant d'entendre il signore Arlequino souhaiter à tous d'être changés en Auvergnats.

Le même Chamfort rapporte ce mot, qui a dû être repris depuis, pour servir de légende à quelque caricature de journal pour rire:

«Vous bâillez, disait une femme à son mari.—Ma chère amie, lui dit celui-ci, le mari et la femme ne sont qu'un, et quand je suis seul, je m'ennuie.»

Cela ne prouve pas en faveur de l'esprit du personnage. On ne s'ennuie guère que dans la compagnie d'un sot. Mais nous touchons ici, à travers l'enveloppe d'une assez grossière ironie, la véritable formule de la vie à deux. Vivre à deux c'est se compléter, se fondre, s'unir, en un mot, c'est-à-dire n'être qu'un.

Aussi n'est-il pas étonnant que le mariage, l'union légale et quasi indissoluble de l'homme et de la femme, ait été si souvent comparé à la fois au paradis et à l'enfer:

«Nous voyons bon nombre de gens tant heureux à ceste rencontre, dit Rabelais, qu'en leur mariage semble reluire quelque idée et représentation des joyes du paradis. Autres y sont tant malheureux, que les diables qui tentent les hermites par les desers ne le sont davantage.»

«Que pensez-vous du mariage?» dit la duchesse de Malfy dans une pièce de Webster; et Antonio répond:

«Je le considère comme ceux qui nient le purgatoire;

il contient, ou le ciel, ou l'enfer;

il n'y a point un troisième lieu en lui.»