Et l'on sait si son mari avait des secrets pour celle-là.

Une autre, qui savait à quoi s'en tenir, a appelé la gloire le tombeau du bonheur, plus sincère peut-être en ce cri que ne l'était Lamartine lorsqu'il écrivait, toujours en parlant de la gloire, ces vers fameux:

Plus j'ai sondé ce mot plus je l'ai trouvé vide,

Et je l'ai rejeté comme une écorce aride

Que les lèvres pressent en vain.

Leur véritable gloire, aux femmes, un écrivain inconnu la déterminait au siècle dernier dans un opuscule que n'ouvrent plus que de rares curieux: «Par une prudence soumise, une habileté modeste, douce, adroite et sans art, elles excitent à la vertu, raniment les sentiments du bonheur et adoucissent tous les travaux de la vie humaine[43]

Naguère encore le grand poète du siècle, en peignant d'un trait héroïque les matrones de la cité romaine, traçait aux femmes modernes, surtout aux femmes de France, le programme de la gloire où elles doivent tendre:

Ce qui fit la beauté des Romaines antiques,

C'étaient leurs humbles toits, leurs vertus domestiques,

Leurs doigts que l'âpre laine avait faits noirs et durs,