Il découvrit, alors, avec intérêt, des yeux de Maïténa très angoissés dans une figure rayonnante de satisfaction.

— Et Virgile ? demanda-t-elle, en dirigeant la tête vers la fenêtre, vers le bourg, le cimetière, et le jet noir du cyprès.

Cette question expliqua les yeux au vieillard. Ils l’aidèrent à exprimer une chose à laquelle il jugeait que l’esprit ne devait pas participer.

— Mais ce n’est pas pour ton plaisir ! Pourquoi n’y aurait-il que le Virgile pour cela ? Il n’est pas à ta disposition ! Il est mort. Pourvu qu’il soit vaillant, n’importe lequel sera assez bon. Tu le verras ! Il suffit de t’en choisir un.

Ce conseil la déchira comme un couteau mal aiguisé. Une volupté ignoble. Une initiation faite par un vieillard — Ourtic avait soixante-dix-huit ans — peut être délicate. Elle paraît toujours brutale, ratée. Mais trop tard ! Quand tout fut fait, elle reconnut, avec un grand trouble, le viol moral qu’elle venait de subir. Elle cessait d’être vierge.

Elle dissimula son émotion.

— Lequel ?

— Ils ne manquent pas. Mais il faut choisir. Les plus beaux, ici, tu les auras rien qu’en leur faisant signe. Une femme comme toi ! Tu es la plus belle, tu dois le savoir. Il y a, d’abord, ceux qui te cherchent. Osmin Laloubère, ton ancien voisin ! Il pleurait, pendant que ta maison se brûlait, et il a une jolie borde. Omer Jouanou. Lui est fou de toi. Je le rencontre souvent, le soir en allant prendre le frais. Il est toujours dans tes parages. Il est en chaleur. — Mais il est trop jeune.

— Et il a une jolie famille ! fit Maïténa avec mépris.

— J’aurais dû en effet te parler, avant lui, de son frère qui est l’aîné ! remarqua Ourtic protocolairement.