AOUT.
Il pleut presque tous les jours. Le sommet des montagnes est couvert de vapeurs semblables à des fumées, qui descendent dans la plaine, accompagnées de coups de vent. Ces pluies forment souvent des arcs-en-ciel sur les flancs de la montagne, qui n'en sont pas moins noirs.
SEPTEMBRE.
Même temps et même vent. C'est la saison des récoltes. Si la chaleur et l'humidité sont la seule cause de la végétation, pourquoi rien ne pousse-t-il dans cette saison? il ne fait pas moins chaud qu'au mois de mai en France. Y aurait-il quelque esprit de vie qui accompagne le retour du soleil? Les Romains en faisaient honneur au vent d'ouest, et fixaient son arrivée au huitième de février. Ils l'appelaient favonius, c'est-à-dire, nourricier. C'est le même que le zéphir des Grecs. Pline dit qu'il « sert de mari à toutes choses qui prennent vie de la terre. » Ils étaient peut-être aussi ignorans que nous ; mais leur philosophie me paraît plus touchante, et ils ne se fâchaient pas quand on n'était point de leur avis.
OCTOBRE.
Même température, l'air un peu plus chaud, il est toujours frais dans l'intérieur de l'île. A la fin de ce mois, on ensemence les terres en blé ; dans quatre mois on le récolte ; ensuite on sème du maïs, qui est mûr en septembre. Ce sont deux moissons dans le même champ ; mais ce n'est pas trop pour les fléaux dont cette terre est désolée.
NOVEMBRE.
Les chaleurs commencent à se faire sentir ; les vents varient, et vont quelquefois au nord-ouest. Il tombe des pluies orageuses.
Point de vaisseau de France, point de lettres. Il est triste d'attendre de l'Europe quelque portion de son bonheur.