Je suis charmé, madame, que vous me fournissiez cette observation. Le blanc et le jaune sont, comme vous le savez, les plus favorables : aussi la plupart des fleurs du printemps et de l'automne ne sortent guère de ces teintes légères avec une chaleur faible, il fallait des miroirs fort actifs.

Les fleurs de ces deux saisons qui ont des réverbères d'un rouge foncé, comme les anémones, les pivoines et quelques tulipes, ont leur centre noir et propre à absorber directement les rayons. Les fleurs d'été ont des couleurs plus foncées et moins propres à réverbérer. On trouve dans cette saison beaucoup de bleu et de rouge ; mais le noir est très-rare, parce qu'il ne réfléchit rien du tout[11].

[11] Dans les pavots, dont la couleur est brune et très-foncée, on remarque que les corolles sont brûlées du soleil avant que la fleur soit tout-à-fait développée.

L'élévation des plantes, la grandeur, la couleur et la coupe de leurs fleurs, paraissent combinées entre elles. Cette manière nouvelle de les considérer peut exercer la plus sublime géométrie.

LA DAME.

Je suis bien aise que vous donniez à mes fleurs un air savant ; je croyais qu'elles n'étaient faites que pour plaire. Mais pourquoi les fleurs qui mûrissent des graines inutiles sont-elles si belles ; tandis que celles du blé, de l'olivier et de la vigne sont si petites?

LE VOYAGEUR.

La nature fait souvent des compensations. Elle a peut-être voulu nous donner le nécessaire avec simplicité, et le superflu avec magnificence.

LA DAME.

A vous entendre, dans les pays très-chauds, les fleurs doivent être fort rares.