Cape (tenir la.) Dans les gros temps, lorsque le vent est contraire, on ne porte que peu de voiles : ordinairement c'est la misaine. On dirige le cap du vaisseau le plus près du vent qu'il est possible. Le vaisseau fatigue beaucoup dans cette position.
Carguer. C'est reployer les voiles, sans les lier, le long des vergues : ce qui se fait au moyen des cargue-fonds, qui sont des cordes qui retroussent la grande voile à peu près comme les rideaux d'un dais. Un marin qui verrait lever la toile à l'Opéra dirait qu'on l'a carguée.
Civadière. C'est la voile attachée au beaupré.
Coiffé (être.) Lorsque les vents sautent tout à coup de la poupe à la proue, les voiles sont repoussées contre les mâts, qui en sont, pour ainsi dire, coiffés : quelquefois on ne peut les descendre ni les manier. Un vaisseau alors est heureux d'en être quitte pour sa mâture, si le vent est fort.
Coq. Cuisinier des matelots. Ce mot vient évidemment de coquus, et nos traiteurs portent le titre de maîtres-queux.
Courant. Quoique la mer ressemble à un grand étang, elle est remplie de courans particuliers. Nous avons peu d'observations sur cet objet, un des plus essentiels de la navigation. J'en ai vu de fort intéressantes sur les mers de l'Inde, faites par le chevalier Grenier.
D.
Déferler les voiles. Les déployer.
Degré. C'est la 360e partie d'un cercle. Sous l'équateur, chaque degré est de vingt lieues marines, ou de vingt-cinq lieues de France ; mais comme les cercles deviennent plus petits en s'approchant du pôle, les degrés diminuent à proportion. Les degrés de longitude sont nuls sous le pôle. Il est très-probable qu'il y a aussi une grande différence entre les degrés de latitude, surtout si la terre est fort aplatie aux pôles.
Dériver. Lorsqu'un vaisseau reçoit le vent de côté, il s'écarte sans cesse de la ligne droite sur laquelle il dirige sa route. Je ne connais point de moyen sûr d'évaluer la dérive. Les pilotes y sont souvent embarrassés : à la fin du voyage ils rejettent leurs erreurs sur les courans.