Pindare. Je la dépucelerois toute vive, ainsi que fit notre valet à la fille de notre métayer. Revenue au soir avec ses moutons, fut tancée de ce qu'elle en avoit égaré un; & sa mere la voulant battre, lui dit! va, méchante, va chercher ton ouaille. La pauvre fille, qui ne savoit où la prendre, s'en alla pleurant, & se mit sous un arbre. Ainsi qu'elle musoit trop, sa mere dit au valet: Jean, va-t'en quérir cette fille; va. Il y alla, & la trouva; il lui dit: Michelle, reviens à la maison, ta mere le dit. Non ferai. Viens, viens. Aga, non ferai: je n'irai pas quand tu me devrois tuer. Si tu ne viens, je te tuerai. Je ne m'en soucie pas. Adonc il la prend, la renverse sur l'échine, lui écarquille les jambes, se jette sur elle, & lui fiche au bas du ventre son couteau naturel, & la tue de la douce mort. Or çà, dit-il, je disois bien: oh viens à cette heure. Non ferai. Et viens, Michelle, viens. Tue-moi donc encore un coup.
Vives. C'est donc ainsi que tu ferois? Si tu as bons reins, je le quitte.
Pindare. Ne sais-je pas faire de la poudre à grimper?
Hypocrate. S'il est ainsi, tu serois propre à juger en hiver, qui sont les chênes mâles & femelles.
Pindare. Dis-moi comment cela, je te prie.
Hypocrate. Quand il gélera le plus fort, mettez-vous tout nud contre un arbre; & si vous arsez contre, ce sera une femelle.
Perion. Va, la gorge te coupe le col.
Plumitif.
XXII. A notre propos, ça vous qui parlez des pucelles, comment est-ce que vous connoîtriez si une fille est pucelle?
Pline. Puis que ces doctes se taisent, je parlerai aussi. Je le sais pour l'avoir appris en Chaldée, au voyage que je fis, du tems du pape Sixte, qui pria le roi de France de lui envoyer cinq ou six cents de ses quarante-cinq, avec une douzaine de druïdes, lesquels me reçurent avec eux, & allâmes en ambassade en la Chine, où nous vîmes ces hommes plus doctes. Il y en avoit un, qui étoit moult versé ès secrets. Il m'en conta, dont je n'avois onc ouï parler. Il m'enseigna le moyen de connoître les pucelles, de la même sorte que je l'ai démontré au premier médecin de la reine. Si vous le voulez savoir, prenez une fille bien faite, de quinze ans ou environ; mettez-la toute nue, & la faites tenir debout; &, vous mettant derriere elle, passez votre main gauche par entre ses jambes, & empoignez son cela, son con: (je m'ébahis puis qu'il est à une fille, qu'on ne dit, comme le Breton, qui prêchant disoit: sera cette semaine grand-fête de Mari-Marjolaine; qui, quand fut petite garcette, prêta son con; mais sera tant prié & ploré, que de dieu lui fut pardonné: faites ainsi, mes dames; & vous ferez très-bien pour votre salut.) Tenant ce con bien justement ferme & clos, vous avancerez votre main droite; & des deux premiers doigts vous ouvrirez le trou fignon, en éloignant les fesses, puis l'ouverture capable: soufflez de toute votre force; si d'aventure le vent passe outre, & que vous le sentiez à la main gauche, elle ne sera pas pucelle; autrement elle le sera. O gens de qualité, si vous ne mordez à ces intelligences, faites-vous bien aiguiser les dents. J'en sais le moyen, dit mondit seigneur l'évêque de Luçon, le bon prélat; il ne faut qu'envoyer quérir le faucheur du notaire de mon chapitre.