Scot. Si fait; aussi il n'y a science que je ne sache.

Uldric. Vous en avez menti, au respect de Dieu.

Madame. Quoi, qu'est-cela? Voire, & faut-il que les gens doctes vivent ainsi? Buvez, & vous accordez.

Paracelse. Hélas! pardonnez-moi, Madame, ce n'est pas moi qui querelle.

Uldric. Il y a plus d'une heure qu'il me picote, même encore tantôt, m'appellant hérétique pulvérisé; & pour ce si je me fâche, je vous prie, Madame, de croire que j'en ai juste cause, & aussi me vouloir favoriser en ma querelle. Je suis homme de bien, & lui aussi: je ne voudrois pas quereller un méchant, parce que je n'y aurois point d'honneur: mais je lui en veux, d'autant que tantôt il m'a fait une opprobre vergogneuse; & m'a dit une injure que je ne veux, ni ne peux lui remettre.

Scot. Je ne m'étonne plus de rien, puisqu'il s'en souvient. O! soit ce qui en pourra être, je me tais & vous en laisse tout faire; je m'en vais me consoler avec le flacon; je vous fais juge de tout, Madame.

Madame. Et bien, il vous a appellé hérétique; il y a bien de quoi?

Uldric. Oh! que ce n'est pas cela pour si peu, je ne daignerois y penser. Il m'a fait une bien plus grande honte, diffamation & vitupere plus notable.

Madame. Pour vivre en paix & vous accorder, il faut tout dire: là, déclarez ce tort & injure.

Uldric. Madame, je vous prie, c'est tout un; je vous le dirai; il m'a appellé viédaze.