[150] Joan., XIV, 30.
[151] Coloss., II, 14.
Voilà où ces livres sont muets. Ces pages profanes nous offrent-elles cet air de piété, ces larmes de pénitence, ce sacrifice que vous aimez des tribulations spirituelles d’un cœur contrit et humilié, et le salut de votre peuple, et votre cité promise, et le gage de l’Esprit-Saint, et le calice de notre rançon ?
On n’y entend point ces cantiques : « Mon âme ne sera-t-elle pas soumise à Dieu ? Dieu dont elle attend son salut. Car il est mon Dieu, mon Sauveur, mon Tuteur, et je ne serai plus ébranlé[152] ». Personne n’y entend cet appel : « Venez à moi, vous tous qui êtes affligés[153] ». Ils dédaignent, ces superbes, d’apprendre de lui qu’il est doux et humble de cœur. C’est là ce que vous avez caché aux sages, aux savants, et révélé aux humbles.
[152] Ps. LXI, 2, 3.
[153] Matth., XI, 28, 29, 23.
Oui, autre chose est d’apercevoir du haut d’un roc sauvage la patrie de la paix, sans trouver le chemin qui y mène, et de s’épuiser en vains efforts, par des sentiers perdus, pour échapper aux embûches de ces fugitifs, déserteurs de Dieu, guerroyant contre l’homme sous la conduite de leur prince, tout ensemble lion et dragon ; autre chose d’entrer en possession de la véritable route, où la vigilance du souverain empereur prévient le brigandage des transfuges de la milice céleste : car cette voie, ils l’évitent comme un supplice. Et ma substance s’assimilait merveilleusement ces vérités. A la lecture du « moindre » de vos apôtres, « je considérais vos œuvres, et j’admirais ».
LIVRE HUITIÈME
Arrivé à la trente-deuxième année, il va trouver le vieillard Simplicianus. Il apprend la conversion de Victorinus, rhéteur célèbre. Potitianus lui fait le récit de la vie de saint Antoine. Agitation de son âme pendant ce récit. Lutte entre la chair et l’esprit. Derniers combats. — Il se rend à cette voix du ciel : Prends, lis ! Prends, lis !