Toujours le même sophisme. Un roi qui se recueille pour penser est alors très-occupé; mais s'il n'arrêtoit sa pensée que sur soi, en disant à soi-même: je règne, et rien de plus, il seroit un idiot. V.

(29) Les hommes ont un instinct secret, etc. et le reste de l'alinéa.

Cet instinct secret étant le premier principe et le fondement nécessaire de la société, il vient plutôt de la bonté de Dieu, et il est plutôt l'instrument de notre bonheur que le ressentiment de notre misère. Je ne sais pas ce que nos premiers pères faisoient dans le paradis terrestre; mais si chacun d'eux n'avoit pensé qu'à soi, l'existence du genre humain étoit bien hasardée. N'est-il pas absurde de penser qu'ils avoient des sens parfaits, c'est-à-dire, des instruments d'actions parfaits, uniquement pour la contemplation? Et n'est-il pas plaisant que des têtes pensantes puissent imaginer que la paresse est un titre de grandeur, et l'action un rabaissement de notre nature? V.

(30) Lorsque Cynéas disoit à Pyrrhus, etc.

L'exemple de Cynéas est bon dans les satires de Despréaux, mais non dans un livre philosophique. Un roi sage peut être heureux chez lui; et de ce qu'on nous donne Pyrrhus pour fou, cela ne conclut rien pour le reste des hommes. V.

(31) L'homme est si malheureux, qu'il s'ennuieroit, même sans aucune cause étrangère d'ennui, par le propre état de sa condition naturelle.

Ne seroit-il pas aussi vrai de dire que l'homme est si heureux en ce point, et que nous avons tant d'obligation à l'auteur de la nature, qu'il a attaché l'ennui à l'inaction, afin de nous forcer par là à être utiles au prochain et à nous-mêmes? V.

(32) Le paragraphe V.

La nature ne nous rend pas toujours malheureux. Pascal parle toujours en malade qui veut que le monde entier souffre. V.

(33) Le paragraphe VI.