— Et ici ? demanda M. Duran.

— Ici, les pièces sont bien petites, et au midi ; mais enfin, ici ou ailleurs, je suis à votre service.

Les convives, appelés à donner leur opinion jugèrent que poser à Londres serait plus commode, et en outre, puisque M. Gardonne était venu pour voir sa cousine, on ne lui enlèverait pas sa liberté.

— Du reste, ajouta Albéric, à défaut de la maison du colonel, il y a celle de ma tante ; je suis bien certain de sa bonne volonté.

— Je préfère cela, dit M. Duran d’un ton dogmatique.

Mais Mme Duran avait fait ses réflexions et compris tout le parti qu’elle pouvait tirer de l’inspiration de son jeune adorateur.

— Non, non, avec ce pauvre colonel Hurstmonceaux si malade, c’est impossible. Du reste, il n’y a aucune nécessité de faire mon buste.

Mais maintenant son mari y tenait et, après une longue discussion, il fut entendu qu’on en parlerait au colonel Blunt.

— Pas demain, pas immédiatement, objecta avec délicatesse Mme Duran, malgré tout il a reçu un choc ; vous ferez bien, Henry, d’aller le voir, nous n’avons pas d’ami plus dévoué.

Et avant de se séparer ce soir-là, sans embarras, tout tranquillement, à dix pas de son mari qui causait, Mme Duran offrit ses lèvres savoureuses à Albéric, qui s’en saisit comme d’un fruit délicieux.