Nelly, avec beaucoup de bonté, d’une main ferme, lui donna les secours nécessaires.
— Pleurez, disait-elle, pleurez ; les larmes soulagent.
Peu à peu, Sylvaine s’apaisa ; ses paupières se fermèrent ; elle demeura immobile, et les larmes chaudes qui roulaient lentement sur ses joues révélaient seules l’état de son âme… Une demi-heure s’écoula dans un douloureux silence.
Nelly, assise à terre à côté du large sofa, tenait la main inerte de Sylvaine, et son propre visage trahissait la souffrance. A deux ou trois reprises, son front se contracta et ses lèvres se serrèrent dans une volonté de se vaincre. Puis, quand elle crut Sylvaine calmée, elle se leva, lui prépara la tasse de thé qu’elle lui avait proposée, et la lui fit boire.
— Je suis bien… balbutia Sylvaine. Je vous demande pardon. Oh ! Nelly, si vous saviez…
Et alors, incapable de se contraindre plus longtemps, elle dit l’épouvantable et inexplicable scène qui venait de se passer…
— Comprenez-vous ? Comprenez-vous ?…
Nelly Holt l’avait écoutée debout, le regard fixé sur les yeux de Sylvaine, effarée de ce qu’elle entendait.
— C’est abominable, monstrueux ! Oh ! Sylvaine, votre place n’était pas là…
Puis, d’une voix plus douce :