MADELEINE. — Novion n’est pas plus mal qu’un autre.
NOVION. — Merci, mademoiselle Madeleine.
SUZANNE. — Oui, c’est laid. J’ai peint tout l’hiver d’après le modèle vivant, je sais ce que je dis.
NOVION. — Je trouve cela inconvenant.
SUZANNE. — Peut-être, mais c’est comme ça : au jour d’aujourd’hui, nous faisons de l’art ; avez-vous vu mon musicien, Novion ?
NOVION. — Vous ne me l’avez pas montré.
SUZANNE. — Tant pis ! c’est mon chef-d’œuvre, il en avait une tignasse, ce modèle-là, et noire et épaisse et frisée ; Geneviève croyait que c’était une perruque, et, avec cela, un cou tout blanc.
MADELEINE. — Tais-toi, tu choques Novion.
SUZANNE. — Je le montre bien, moi, mon cou, et mes épaules avec, ça ne choque pas sa pudeur que je sache ; est-ce que vous croyez que je peins d’après le mannequin ?
NOVION. — Il y a des limites.