On se lève en masse pour rentrer au salon, tout le monde parlant à la fois; la marquise Della Primavera est rêveuse; madame de Glouskine les défie tous du regard; madame de Sonnenbund montre ses jolies dents; elle est prête à dévorer bien des souhaits. Madame Stuart Boyll écoute Belveduto et se tait; madame de Camon regarde les autres et s'amuse.
De Bove.—Dobeliansky, propriétaire de cette principauté indépendante, commandez des crayons et du papier, ô Altesse!... Attention, mesdames, j'écris les noms d'un côté; tout le monde y passe, tant pis. De l'autre, vous inscrirez ce que vous souhaitez au propriétaire du nom; le souhait ira directement à son adresse; après quoi l'on aura la liberté de réduire en cendres les témoignages de notre bienveillance mutuelle. Maintenant, tous les papiers dans un chapeau; si l'on se tire soi-même, on se passe au voisin. Allons, mesdames; allons, collègues de mon cœur, allez-y gaiement.
Tous les papiers sont distribués, le nom soigneusement dissimulé au revers.
De Bove encourage l'inspiration:
—Souhaitez-vous du bonheur, ne vous refusez rien, je vous en conjure.
Dix minutes après, les papiers sont pliés derechef, remis dans le chapeau, secoués et tirés par de Bove; chacun reçoit le sien.
MADAME DE GLOUSKINE
On lui souhaite d'oublier qu'elle est ambassadrice, apprendre à être femme.—Lynjoice est trop beau.—Conseil d'un ami.
LA MARQUISE DELLA PRIMAVERA
On souhaite à la marquise de se laisser persuader que les absents ont toujours tort. N'est-ce pas ce dont elle désire se convaincre? Il y a d'aimables princes.