—A la Halle!

Mon Dieu! il avait été au Japon, mais il n'avait jamais été à la Halle; il n'était certes pas timide; mais cependant, avec son grand sac vide ballant, son costume de voyage, il sentait qu'il n'avait pas l'air d'un cuisinier, mais qu'il avait l'air drôle.

Avec pas mal de peine, il découvrit la marchande qu'il lui fallait, et fut au comble de la joie quand, à sa question hésitante si elle avait des petits pois en quantité suffisante pour remplir son sac, et il le montrait avec réserve, elle répondit de sa voix la plus sonnante:

—Celui-là et dix autres pareils, mon petit père. Et quels pois! Regardez-moi ça! (Et de ses dents, elle en écossait, puis les faisait sauter sur l'ongle.) Est-ce tendre? est-ce fin? et sucré? Goûtez voir un peu.

Il goûta; elle le regardait avec une certaine anxiété:

—Hein! c'est-y de première qualité? Donnez que je vous arrange ça.—Et elle entassa les pois dans le sac.

—Mettez-en le plus possible.

Il fut presque effrayé d'être si bien obéi; le sac, devenu ventru, était énorme; il tâta le poids et fit la grimace.

—Ah! vos douze kilos y sont, vous n'êtes pas volé!