III

Madame Michaïloff faisait bonne mine à Glouskine, mais lui en voulait à mort d'aller chez la marquise.

On se vit au théâtre, Glouskine ayant persuadé à madame Michaïloff qu'en restant chez elle, elle ferait une sotte figure; elle alla donc à l'avant-scène du Thalia, accompagnée de Son Excellence. La marquise et Vera étaient en face. Vera avait une robe neuve. Madame Michaïloff connaissait toutes les toilettes de la marquise, il n'y avait pas à s'y tromper. Le spectacle ne fut pas agréable pour madame Michaïloff, et le lendemain matin elle fut doucement surprise quand on vint lui dire que mademoiselle Dognieff était au salon. Elle entra hautaine.

Vera se leva et lui baisa la main en riant.

—Je viens te demander pardon et faire la paix.

—Ma chère, je te remercie, et te laisse à ta conscience. Pour combien de temps es-tu installée chez les Santa-Pierra?

—Eh! je ne m'en vais pas encore, et si tu le veux, je viendrai te voir souvent.

—On t'habille, je vois?