Exemple.
51.--L'exposition à un courant d'air très rapide est une cause très active de l'augmentation de la soif; et je pense que l'observation suivante sera lue avec plaisir par les chasseurs.
On sait que les cailles se plaisent beaucoup dans les hautes montagnes, où la réussite de leur ponte est plus assurée, parce que la récolte s'y fait beaucoup plus tard.
Lorsqu'on moissonne le seigle, elles passent dans les orges et les avoines; et quand on vient à faucher ces dernières, elles se retirent dans les parties où la maturité est moins avancée.
C'est alors le moment de les chasser, parce qu'on trouve dans un petit nombre d'arpents de terre, les cailles qui, un mois auparavant, étaient disséminées dans toute une commune, et que, la saison étant à sa fin, elles sont grosses et grasses à satisfaction.
C'est dans ce but que je me trouvais un jour avec quelques amis sur une montagne de l'arrondissement de Nantua, dans le canton connu sous le nom de Plan d'Hotonne, et nous étions sur le point de commencer la chasse, par un des plus beaux jours du mois de septembre et sous l'influence d'un soleil brillant inconnu aux cockneys [22].
Note 22:[ (retour) ] C'est le nom par lequel on désigne les habitants de Londres qui n'en sont pas sortis; il équivaut à celui de badauds.
Mais, pendant que nous déjeunions, il s'éleva un vent du nord extrêmement violent et bien contraire à nos plaisirs; ce qui ne nous empêcha pas de nous mettre en campagne.
À peine avions-nous chassé un quart d'heure, que le plus douillet de la troupe commença à dire qu'il avait soif; sur quoi on l'aurait sans doute plaisanté, si chacun de nous n'avait pas aussi éprouvé le même besoin.
Nous bûmes tous, car l'âne cantinier nous suivait; mais le soulagement ne fut pas long. La soif ne tarda pas à reparaître avec une telle intensité, que quelques-uns se croyaient malades, d'autres prêts à le devenir, et on parlait de s'en retourner, ce qui nous aurait fait un voyage de dix lieues en pure perte.