Cette chanson est tirée du Voyage du jeune Anacharsis: cette raison suffit.
Buvons, chantons Bacchus,
Il se plaît à nos danses, il se plaît à nos chants; il étouffe l'envie, la haine et les chagrins. Aux Grâces séduisantes, aux Amours enchanteurs, il donna la naissance.
Aimons, buvons; chantons Bacchus.
L'avenir n'est point encore; le présent n'est bientôt plus; le seul instant de la vie est l'instant de la jouissance.
Aimons, buvons; chantons Bacchus.
Sages de nos folies, riches de nos plaisirs, foulons aux pieds la terre et ses vaines grandeurs; et dans la douce ivresse que des moments si beaux font couler dans nos âmes,
Buvons, chantons Bacchus.
(Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, tom. II, chap. 25.)
Celle-ci est de Motin, qui, dit-on, fit le premier en France des chansons à boire. Elle est du vrai bon temps de l'ivrognerie, et ne manque pas de verve.