Ces considérations étaient les suivantes :
1o Au point de vue moral, il était à souhaiter, pour notre prestige colonial, que la grande route traditionnelle des caravanes qui vont du Ouadaï, possession française, à la côte méditerranéenne, en traversant le désert de Libye du Sud-Ouest au Nord-Est, fût parcourue pour la première fois dans son entier par un Français ; car la liaison n’avait encore été faite par aucun Européen.
2o Au point de vue scientifique, il était vraisemblable que mon passage en Libye me mettrait à même de réunir des renseignements d’une certaine portée.
3o Au point de vue commercial, il n’était pas superflu d’apporter des indications sur le coût, la durée et les conditions de sécurité du transport de l’ivoire, des plumes et de l’or, principalement, par cette voie.
L’éventualité de me confier une mission sur ces bases avait d’abord été favorablement envisagée ; mais de ma tentative, comme dans ma gratitude, le premier rang.
Le récit qui suit n’a pas la prétention de présenter une étude des régions que j’ai traversées. Je suis passé trop vite dans la plupart d’entre elles. Mais on y trouvera, exposées avec sincérité, à l’aide de notes sommaires prises au jour le jour, en cours de route, la plupart des observations qu’un voyageur attentif peut réaliser dans ces conditions.
B. L.
1924.
Note. — Pour les mots nécessitant une explication, se reporter au [vocabulaire,] à la fin.
Document établi par la Société de Géographie.