Firent dans le Petit-Bourbon
L'ouverture de leur théâtre.
Page 494, ligne 19: Ayant pour titre la Nuit.
La description de ce ballet de la Nuit fut imprimée chez Ballard; mais il en existe une copie manuscrite in-folio à la bibliothèque de l'institut, avec les dessins de tous les personnages revêtus de leurs costumes, peints à l'aquarelle. Ces costumes étaient riches en couleurs, chargés d'or et d'argent, de galons, et de paillettes brillantes, bizarres et fantastiques.
Je remarque que, dans la prolixe description qu'il a donnée de ce ballet, Loret parle de Villequier (probablement le duc de Villequier) qui distribuait des billets, et faisait placer tout le monde. La rue qui passait devant le théâtre du Petit-Bourbon, et qui était une continuation de la rue actuelle des Poulies, se nomme Villequier sur le plan de Paris de Berey de 1654; et je crois que ce nom a échappé à Jaillot, et à tous les laborieux scrutateurs des origines de Paris.
Page 496, lignes 12 et 13: La suite en fit voir de déplorables conséquences.
Philippe de France ou Monsieur, frère de Louis XIV, naquit le 21 septembre 1640; Louis XIV, le 5 septembre 1638. Les preuves abondent sur les goûts dépravés de Monsieur, qui inspiraient à son frère une juste aversion. Saint-Simon, à l'endroit cité, dit: «Le goût de Monsieur n'était pas celui des femmes, et il ne s'en cachait pas.» A ce ballet de la Nuit, le duc de Buckingham, fils de celui qui excita si vivement la jalousie de Louis XIII par ses attentions pour Anne d'Autriche, représenta le démon du feu. (Benserade, t. II, p. 57.)
Je remarque dans les diverses descriptions de ce ballet que certains objets de luxe étaient alors d'une cherté qu'on a peine à concevoir aujourd'hui: ainsi Loret nous apprend qu'une orange de Portugal coûtait cinq livres, c'est-à-dire dix livres de notre monnaie actuelle. (Loret, liv. IV, p. 59.)
Page 497, lignes 11 et 12: Monsieur et madame de Montausier étaient occupés à solliciter.
La marquise était venue à Paris la première, pour solliciter Mazarin. Son mari ne vint l'y rejoindre qu'après la paix de Bordeaux, le 31 juillet.