Page [285], ligne 17: Le cardinal de Retz fut amené à donner sa démission.
Un court billet du roi accuse au cardinal de Retz la démission de son archevêché. Il ne fut pas même permis à Retz de venir en cour. Il avait cependant été consulté sur l'affaire de Rome; et ce fut lui qui donna l'idée de la pyramide. (Voyez Joly, Mémoires, t. XLVII, page 454, 460, 462.) Chandenier, qui avait tout quitté pour suivre le parti de Retz, ne voulut accepter aucun dédommagement pour sa place de capitaine des gardes.
Page [286], ligne 11: Le jeune roi se montra moins sage que Mazarin.
Entre les catholiques, les jansénistes et les protestants, venait se placer la secte des libertins ou incrédules, que nous avons déjà signalée, mais trop peu nombreuse alors et trop obscure pour que le gouvernement pût deviner qu'elle devînt un jour la plus dangereuse. Elle se moquait de tout, et son opposition au gouvernement et à l'Église se manifestait par des vaudevilles, des épigrammes, et de malignes satires. Ce fut cette année que Saint-Évremond écrivit sa Conversation du maréchal d'Hocquincourt et du père Canaye (Saint-Évremond, Œuvres, t. III, p. 54, et Vie de Saint-Évremond, par Desmaiseaux). Dans le pays de Gex, Louis XIV fit fermer cette année vingt-deux temples protestants; et dans le mois de juillet de cette même année il fit mettre à la Bastille le libraire Des Prés, pour avoir réimprimé la lettre de Pavillon, évêque d'Ath, où étaient déduites les raisons qui empêchaient cet évêque de signer les cinq propositions. La lettre de Racine à Vitart prouve que les jansénistes étaient déjà menacés dans le midi.
Page [288], ligne 5: Il fut attaqué par l'abbé d'Aubignac.
Voici un échantillon de la critique de l'abbé d'Aubignac: «Pour moi, qui depuis dix-sept ans me suis retiré dans les ténèbres de mon cabinet sans voir la cour, je pourrais bien en avoir oublié le langage aussi bien que les mystères. Mais M. Corneille, qui depuis tant d'années en fait un Pérou, ne devait pas tant de fois et si souvent donner cette qualité de suivantes aux dames et aux filles qui servent ces princesses, si cela ne s'accorde pas au faste et aux intrigues des belles cours.» Qui eût dit qu'on eût jamais osé reprocher à Corneille d'être homme de cour!
Page [290], lignes 5 et 6: Il inséra dans ses satires les noms des personnes qu'il voulait livrer à la risée et au mépris public.
Dans les éditions de 1667 et de 1669 des Satires de Boileau on trouve les vers suivants:
Je ne puis arracher du creux de ma cervelle
Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle.