Nous avons trois portraits authentiques de madame de Sévigné: celui qui a été gravé par Édelinck, et ensuite par Delegorgue, lithographié par Delpech, est le plus certain et le principal. Ce portrait est du temps de la régence d'Anne d'Autriche, et madame de Sévigné avait alors trente et un ans. Le portrait gravé et enluminé ou peint à l'aquarelle, gravé par Gatine et dessiné par Lanté, sous la direction de M. Lamésangère, d'après un original peint par Mignard, et une mignature sur vélin, est en pied; il a été fait à la même époque que le précédent; il est le même pour la tête: c'est le portrait de madame de Sévigné qui nous donne l'idée la plus fidèle de son port et de sa physionomie. Je ne parle pas des tableaux originaux d'après lesquels ces deux portraits ont été gravés; je ne les ai pas vus. C'est sur le tableau de ce portrait gravé en pied, dans lequel madame de Sévigné tient une lettre, d'une main et une plume de l'autre, que Ménage a écrit un sonnet en italien inséré dans la troisième édition de ses poésies, en 1658, page 16.

Le portrait qui est dans l'édition des Lettres de Sévigné de 1734 diffère des deux précédents; il appartient à un âge différent, lorsque madame de Sévigné avait environ quarante à quarante-cinq ans; il provient d'un tableau qu'avait Bussy-Rabutin, et que son fils l'évêque de Luçon a communiqué au chevalier Perrin, ami de madame de Simiane et éditeur des Lettres de Madame de Sévigné.

Le prétendu portrait de madame de Sévigné qui est dans la galerie de Versailles, et qui a été gravé, est la copie d'un tableau de la galerie du château d'Eu. Ce portrait est celui de la belle-fille de madame de Sévigné: c'est celui de Jeanne-Marguerite de Brehant de Mauron, marquise de Sévigné, et non pas celui de Marie de Rabutin-Chantal. Le portrait gravé par Masquelier, d'après une mignature de Petitot, et inséré dans l'édition des lettres de madame de Sévigné par M. Monmerqué, est aussi le portrait de sa belle-fille, et non le sien. Quant aux portraits gravés de madame de Grignan, il n'y a lieu à aucune rectification; ils sont tous dérivés de copies plus ou moins bien faites primitivement, d'après un seul et même original peint par Mignard.

FIN.

NOTES:

[1] Motteville, Mém., t. XXXIX, p. 364, 365.

[2] Desormaux, Histoire de Louis de Bourbon, prince de Condé, second du nom, 1779, in-12, t. IV, p. 14 et 15.—Loret, liv. V, p. 12, 24 janvier 1654, p. 37, 40.—Monglat, Mém., t. L, p. 430.

[3] Brienne, Mém., t. XXXVI, p. 219.—Monglat, Mém., t. L, p. 534.—Montpensier, Mém., t. XLI, p. 444.—Loret, lib. V, p. 72, 13 juin 1654.

[4] Desormeaux, Hist. de Condé, t. IV, p. 18.—Monglat, Mém., t. L, p. 438.—Motteville, t. XLI, p. 427.—Loret, liv. V, p. 30, 33, 82, 14 mars et 4 juillet 1654.