C'est sur cet usage que La Bruyère s'exprime en ces termes:
«Le bel et judicieux usage que celui qui, préférant une sorte d'effronterie aux bienséances et à la pudeur, expose une femme d'une seule nuit, sur un lit, comme sur un théâtre, pour y faire pendant quelques jours un ridicule personnage, et la livre en cet état à la curiosité de l'un ou de l'autre sexe, qui, connus ou inconnus, accourent de toute une ville à ce spectacle pendant qu'il dure! Que manque-t-il à une telle coutume pour être entièrement bizarre et incompréhensible, que d'être lue dans quelque relation de la Mingrélie?»
(La Bruyère, Caractères, ch. VII, De la Ville.)
Cet usage continua dans le dix-huitième siècle. Au sujet du mariage du duc de Berri, en 1710, on lit dans Saint-Simon:
«Au sortir de table, le roi alla dans l'aile neuve, à l'appartement des mariés. Toute la cour, hommes et femmes, l'attendait, en haie dans la galerie, et l'y suivit avec tout ce qui avait été du souper. Le cardinal Janson fit la bénédiction du lit. Le coucher ne fut pas long. Le roi donna la chemise à M. le duc de Berri.»
Le même Saint-Simon, en racontant le mariage du fils de Tallard avec une fille du prince de Rohan, qui eut lieu chez la duchesse de Ventadour, en 1713, dit, t. X, p. 455: «Le lendemain la mariée reçut sur le lit la duchesse de Ventadour, les visites de toute la cour, et celles que les duchesses ont accoutumé de recevoir des personnes royales.» Voy. la note, p. 697, de notre édition de La Bruyère.
38, ligne 4: N'y laissait pénétrer qu'un demi-jour azuré.
Dans la pièce de Somaize, Roguespine, un des personnages, dit (Procès des Précieuses, p. 47):
Je considérais fort la chambre
Dans laquelle à loisir je vis