Marcher écarquillés ainsi que des volants.

La pièce de Molière fut donnée en 1661. L'auteur des Lois de la Galanterie, que l'on trouve dans le Recueil des pièces choisies en prose, publié en 1658, s'exprime exactement de la même manière: «Si quelques-uns disaient encore autrefois qu'ils se formalisaient de ce rond de botte fait comme le chapiteau d'une torche, dont l'on avait tant de peine à conserver la circonférence, qu'il fallait marcher en écarquillant les jambes, comme si l'on eût quelque mal caché; et si depuis, ayant quitté l'usage des bottes, et porté de simples canons de la grandeur d'un vertugadin, on en a fait de pareilles plaintes, c'était ne pas considérer que ces gens qui observent ces modes vont à pied le moins qu'ils peuvent. D'ailleurs, quoiqu'il n'y ait guère que cela ait été critiqué, la mode est déjà changée. Les genouillières rondes et étalées n'ont été que pour les grosses bottes, les bottes mignonnes ayant été ravalées depuis jusqu'aux éperons, et n'ayant eu qu'un bec rehaussé devant et derrière. Quant aux canons de linge qu'on étalait au-dessus, nous les approuvions bien dans leur simplicité, quand ils étaient fort larges et de toile de batiste bien empesée, quoique l'on ait dit que cela ressemblait à une lanterne de papier, et qu'une lingère du Palais s'en servit un soir, mettant sa chandelle au milieu, pour la garder contre le vent. Afin de les orner davantage, nous voulions dès lors que d'ordinaire il y eût double et triple rang de toile, soit de batiste, soit de Hollande; et d'ailleurs cela était encore mieux s'il s'y pouvait avoir deux ou trois rangs de point de Gênes. Ce qui accompagnait le jabot devait être de même parure (p. 66 et 67).... Depuis que, l'usage des bottes étant aboli, si ce n'est pour aller à la guerre ou se promener aux champs, les grands canons ont été en crédit, soit de toile simple, ou ornés de belles dentelles; à quoi il fallut que les vrais galants se soient accoutumés, parce que c'était un équipage magnifique, et que d'ailleurs cela servait grandement à cacher la défectuosité de quelques jambes cagneuses ou trop menues. Mais s'il arrive que maintenant la mode de ces canons se passe, il faut que chacun porte des bas de soie..... L'on a aussi porté des canons d'étoffe au lieu de ceux de toile.....»

Scarron, continuant le portrait dont nous avons cité le commencement, dit:

Il avait deux canons, ou plutôt deux rotondes,

Dont le tour surpassait celui des tables rondes;

Il chantait en entrant je ne sais quel vieux air,

S'appuyait d'une canne, et marchait du bel air.

Après avoir fourni sa vaste révérence,

Se balançant le corps avecque violence,

Il me dit..... etc.