Dans les éditions de Montreuil, cette pièce y est intitulée Pour madame de Sévigny jouant à colin-maillard (on écrivait alors Sevigny au lieu de Sévigné; Scarron et Bussy-Rabutin n'écrivent pas autrement). Dans le recueil de Sercy, où cette pièce avait paru d'abord, le nom de madame de Sévigné ne se trouve pas. Les œuvres de Montreuil contiennent en outre deux lettres adressées par lui à madame de Sévigné, pag. 5, 107 de l'édit. 1666, et 4 et 72 de l'édit. de 1671. Il faut que les éditeurs de madame de Sévigné n'aient point connu ces lettres, puisqu'ils ne les ont pas, selon leur plan, réimprimées avec les siennes. La seconde édition du recueil de Montreuil ne paraît être qu'une réimpression de la première: elle est seulement moins belle. La meilleure pièce de Montreuil n'est point dans ce recueil: c'est son épître à Martin Pinchesne, qu'il a imprimée dans les œuvres de ce dernier après la mort de l'auteur. On a souvent confondu Mathieu Montreuil avec Jean Montreuil, son frère aîné, qui fut un des plus jolis hommes de France. (Retz, Mém., t. XLV, p. 181 et 191.) Ce dernier fut très-utile à la cause des princes, par son esprit et son adresse; il fut reçu de l'Académie Française, et mourut à trente-sept ans. Petitot, ou l'ancien éditeur des Mémoires de Joly, Collection des Mémoires, t. XLVII, p. 107, confond, dans une de ses notes, Mathieu avec Jean. (Voy. Pellisson, Hist. de l'Académie Française, 1729, in-4o, p. 261 à 265). Il paraîtrait, d'après un passage des Mém. de Conrart, t. XLVIII, p. 57, que Montreuil l'académicien a été secrétaire des commandements de Madame, femme de Gaston.
Page 51, lignes 9 et 10: Faisons encore jouer madame de Sévigné à colin-maillard.
Le jeu de colin-maillard, qui nous paraît si enfantin, était alors fort à la mode parmi les gens du grand monde. Le comte de Gramont, dans ses Mémoires, parle du goût de mademoiselle Stewart pour ce jeu. La mode le maintint longtemps en vogue. Loret, dans sa Muse historique, liv. III, p. 7, lettre 2, du 14 janvier 1652, en parlant des divertissements qui se donnent chez Mademoiselle, dit:
Enfin, en ce palais d'honneur
On a ce merveilleux bonheur
De s'y réjouir d'importance;
Et, mieux que pas un lieu en France,
Comédie, bal, en tout temps,
Y rendent les esprits contents.