CHAPITRE V.

Page [89], lignes 13 et 17: «Elle eut lieu dans le château et les jardins de Versailles, qui, quoique non encore achevés, surpassaient déjà en magnificence toutes les demeures royales.»

J'ai, dans les notes de la deuxième partie (p. 506), fait observer de quelle manière les auteurs les plus sérieux et les plus renommés, qui subissaient l'influence des idées et des mouvements révolutionnaires de 1789, écrivaient l'histoire.

Mirabeau évaluait à douze cents millions les dépenses de Louis XIV pour Versailles; Volney, à quatre milliards, (Leçons d'histoire prononcées en l'an III, 1799, in-8o, p. 141.)

Les vérifications des états originaux de toutes les dépenses de constructions, d'embellissement, d'entretien, depuis 1661 jusqu'en 1689, pendant près de vingt ans qu'elles ont duré, ont constaté que la totalité de ces dépenses a été, au cours du temps, de 116,257,330{lt} 2s 7d, correspondant à 280,643,326 fr. 32 c. (Voyez Eckard, Dépenses effectives de Louis XIV en bâtiments; 1838, in-8o, p. 44.—Id., États au vrai de toutes les sommes employées par Louis XIV, p. 38.) Il faut ajouter à la somme ci-dessus 3,260,341{lt} 19s, pour les dépenses de la chapelle, depuis 1690 jusqu'en 1719. (Conférez encore Eckard, Recherches historiques et biographiques sur Versailles, p. 142 à 152.)—Id., A. Jules Taschereau, au sujet des dépenses de Louis XIV, 1836, in-8o.—Guillaumot, Observations sur le tort que font à l'architecture les déclamations hasardées et exagérées contre la dépense qu'occasionne la construction des monuments publics; Paris, an IX (1801). Guillaumot n'estimait cette dépense, d'après les états, qu'à 83 millions, cours d'alors; 165 millions, cours actuel.—Volney exagérait de même la dépense des monuments construits de son temps; ainsi il avançait que le Panthéon avait coûté 30 millions, et il avait coûté au plus 12 millions.—(Voyez Peignot, Dépenses de Louis XIV; 1827, in-8o, p. 167 et 173.)

Au reste, il paraît que, pour pouvoir apprécier au juste la dépense réelle de Versailles dans toute la durée du règne de Louis XIV en valeurs du jour, il faudrait consulter les archives de la Liste civile, où l'on peut puiser les matériaux nécessaires pour obtenir le chiffre total de toutes ces dépenses, et le combiner avec le prix moyen des journées de travail, celui des denrées, les salaires des artistes, etc. M. Eckard se plaint, dans un de ses écrits, qu'on lui ait refusé la faculté de compulser, dans les archives de l'administration de la Liste civile, les pièces relatives aux dépenses de Versailles sous Louis XIV. Je suis informé que des calculs ont été faits dans cette administration pour évaluer le montant de ces dépenses. Mon opinion est que, quels que soient les efforts que l'on fasse pour accroître le chiffre de ces dépenses, si l'on opère avec sincérité, il n'excédera pas, et probablement n'atteindra pas, 400 millions de notre monnaie actuelle, dans toute la durée du règne de Louis XIV.

CHAPITRE VI

Page [108], ligne 1 et 2: Je la mettrais volontiers dans mon Dictionnaire.

Bayle ajoute à cet endroit de sa lettre: «Elle sera sans doute dans le Moréri de Paris, et madame Deshoulières aussi;» et Prosper Marchand, éditeur des œuvres de Bayle, a mis en note (p. 653, note 16): «Elles ne sont ni l'une ni l'autre dans le Moréri de Hollande ni dans la dernière édition du Dictionnaire de Bayle, 1702.»