R. C'est tout ce qui tend à détruire et détériorer l'homme.
D. Qu'entend-on par mal et bien physique, mal et bien moral?
R. On entend par ce mot physique, tout ce qui agit immédiatement sur le corps. La santé est un bien physique; la maladie est un mal physique. Par moral, on entend ce qui n'agit que par des conséquences plus ou moins prochaines. La calomnie est un mal moral; la bonne réputation est un bien moral, parce que l'une et l'autre occasionent à notre égard des dispositions et des habitudes[33] de la part des autres hommes, qui sont utiles ou nuisibles à notre conservation, et qui attaquent ou favorisent nos moyens d'existence.
D. Tout ce qui tend à conserver ou à produire est donc un bien?
R. Oui: et voilà pourquoi certains législateurs ont placé au rang des ouvres agréables à Dieu, la culture d'un champ et la fécondité d'une femme.
D. Tout ce qui tend à donner la mort est donc un mal?
R. Oui: et voilà pourquoi des législateurs ont étendu l'idée du mal et du péché jusque sur le meurtre des animaux.
D. Le meurtre d'un homme est donc un crime dans la loi naturelle?
R. Oui: et le plus grand que l'on puisse commettre; car tout autre mal peut se réparer, mais le meurtre ne se répare point.
D. Qu'est-ce qu'un péché dans la loi naturelle?