Par conséquent Romulus périt l'an 716 (à cause de l'interrègne d'un an qui eut lieu entre lui et Numa). Le calcul de Pline n'offre donc qu'un an de différence; et c'est Larcher qui se trompe en entier des 500 ans qu'il lui reproche, sans que l'errata ait corrigé cette faute. Il est d'ailleurs remarquable qu'ici le calcul de Pline est encore celui de Solin et de Sosicrates; car si de 715 où périt Candaules, l'on soustrait la durée des princes lydiens jusqu'à la prise de Sardes, durée qui fut de 170 ans, on a pour résultat cette année 545, dont nous avons démontré l'erreur.

D'après tous ces exemples le lecteur peut apprécier la logique, la sagacité, même la politesse de notre censeur; désormais nous laisserons à l'écart ses notes pour ne nous occuper que du texte; et prenant pour transition les rapports de dates et de parenté qu'établit Hérodote entre Ninus et Agron, nous allons discuter le système chronologique de cet historien sur l'empire d'Assyrie, contradictoirement avec les récits de son antagoniste Ktésias.

Remarques sur la traduction de M. Larcher.

Ne voulant plus importuner le lecteur des erreurs multipliées du censeur Larcher en matière de chronologie, nous voulons néanmoins démontrer par quelques exemples, qu'en fait de traduction, ce savant helléniste n'est pas toujours au pair de sa réputation.

1° Hérodote, livre Ier, parlant des anciennes guerres entre les Phéniciens et les Grecs, dit: «Les Perses les plus savants dans l'histoire,» par-là il indique l'histoire en général, selon la valeur même du mot grec logios. Pourquoi Larcher se permet-il d'introduire une restriction en ajoutant dans l'histoire de leur pays (dont la Grèce ne faisait point partie)?

2° Hérodote dit: «Les Phéniciens étant arrivés à Argos, étalèrent (exposèrent) leurs marchandises pour les vendre.» La traduction dit d'une manière triviale et inexacte, «se mirent à vendre leurs marchandises

3° Article 2. Hérodote dit: «Les Perses, peu d'accord avec les Grecs, prétendent, etc.» Le traducteur ose altérer ce texte en disant: «Les Perses, peu d'accord avec les Phéniciens.» Hérodote poursuit: «Ils ajoutent qu'ensuite quelques Grecs (c'étaient des Crétois).» Pourquoi Larcher introduit-il un doute en disant: c'étaient peut-être des Crétois?

Le texte continue et dit: Le roi de Colchide envoya un héraut en Grèce. Le traducteur dit: envoya un ambassadeur. Ce n'est pas du tout la même chose.

4° Article 4. Le texte dit encore: «que les Grecs assemblés envoyèrent des messagers (angeli) pour redemander Hélène.» Le traducteur en fait encore des ambassadeurs. Mais ce mot signifie chez nous quelque chose de bien plus pompeux et de moins analogue à la simplicité des anciens.

5° Article 11. La reine, épouse de Candaules, dit à Gygès: «Voici deux routes dont je te laisse le choix.» Pourquoi Larcher ajoute-t-il de son chef la phrase: «Décide-toi sur-le-champ?» Le mérite d'une traduction est surtout d'être le miroir littéral de l'original.